Dans un avis rendu public hier, le Conseil invite plutôt chaque école à mener sa propre réflexion sur les travaux à la maison. Selon une enquête menée par le Conseil auprès de 443 directeurs d'école, 99 % ont indiqué que les enseignants de leur école donnaient régulièrement des devoirs et les leçons.
Soulignant au passage que les recherches scientifiques menées jusqu'à maintenant ne permettent pas de conclure à un effet positif des devoirs sur la réussite scolaire, le CSE voit aussi dans ce débat un «enjeu important d'équité». Les enfants d'immigrants qui ne maîtrisent pas le français ou encore ceux dont les parents ne sont pas disponibles pour superviser les travaux scolaires sont désavantagés par rapport à d'autres élèves.
«Les élèves ne sont pas tous égaux devant les devoirs : tous ne bénéficient pas des conditions leur permettant d'en tirer profit. Les devoirs sont alors source de stress et de tensions familiales, en plus de contribuer parfois à une attitude négative par rapport à l'école qui peut avoir une incidence sur la persévérance scolaire», peut-on lire.
La présidente du Conseil, Nicole Boutin, renchérit. «Il faut que l'école prenne acte des transformations sociales et réfléchisse aux mesures de soutien pour les parents», affirme-t-elle. L'organisme reconnaît toutefois que les devoirs permettent aux parents de s'intéresser à ce que vit leur enfant à l'école, tout en rappelant que la participation parentale contribue à la réussite scolaire.
Aide aux familles
Pour éviter que les devoirs ne causent trop de maux de tête aux élèves, le Conseil insiste par ailleurs sur l'importance des services d'aide aux devoirs, qui permettent justement de donner un coup de pouce aux élèves qui ont moins d'appui à la maison. En 2004-2005, le ministère de l'Éducation a mis en place le programme d'aide aux devoirs, qui a été reconduit depuis avec un budget de 20 millions $ par année.
Il y a deux ans, une évaluation du ministère de l'Éducation que Le Soleil avait consultée révélait toutefois que la moitié des écoles devaient faire un choix parmi les élèves qui ont besoin du programme d'aide aux devoirs, faute de ressources.
La situation a peu changé depuis. «Il manque de ressources pour répondre aux besoins des familles», constate la présidente du Conseil, qui réclame une meilleure stabilité et un financement adéquat du programme, sans chiffrer ses demandes. Selon le ministère de l'Éducation, entre 15 % et 18 % des élèves bénéficient de ce service, ce qui représente environ 145 000 petits Québécois.
Réaction
À la lecture de cet avis, la Fédération des comités de parents se dit sensible aux questions d'équité entre les élèves, mais refuse de baisser les bras. «Ces parents-là [qui sont moins impliqués dans les travaux scolaires à la maison], il faut aller les chercher. Les devoirs, c'est une bonne façon de les impliquer dans la vie de leur enfant à l'école», plaide son président, François Paquet.
Un sondage interne de la Fédération, dont les résultats avaient été obtenus par Le Soleil, a révélé que 90 % des parents interrogés étaient d'accord à propos des devoirs.
De son côté, la Fédération des commissions scolaires souscrit «dans l'ensemble» à l'avis du Conseil, affirmant que la recommandation de mener une réflexion dans chaque école sur les devoirs est une «avenue intéressante».
Rare réflexion sur les leçons
Les devoirs et les leçons n'ont pas beaucoup évolué dans les écoles du Québec au cours des dernières années. Selon le Conseil supérieur de l'éducation, «seule une minorité d'écoles primaires ont mené une réflexion qui a entraîné de nouvelles pratiques en matière de devoirs au Québec», peut-on lire dans l'avis rendu public hier.
Or, deux commissions scolaires de la région, des Découvreurs et de la Capitale, ont réalisé au cours des dernières années un projet concernant les devoirs et les leçons, qui ont mené à la rédaction d'une démarche de réflexion. Les écoles sont donc encouragées à élaborer une politique ou un cadre de référence sur les devoirs.
Mais seulement deux écoles ont emboîté le pas, selon le document du Conseil. Il a été impossible hier d'en apprendre davantage auprès des deux commissions scolaires concernées.












