Cours d'école: de vieux jeux en voie de devenir dangereux

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À l'école Coeur-Vaillant, des jeunes de cinquième et... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À l'école Coeur-Vaillant, des jeunes de cinquième et de sixième année donnent un coup de pouce durant la récréation.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Votre enfant est-il en sécurité lorsqu'il s'amuse dans la cour de son école? Selon une enquête menée dans la région de Québec, le tiers des écoles ont des jeux vieillissants, qui peuvent représenter un risque de blessures pour les enfants.

C'est ce qu'on peut lire dans un rapport concernant l'animation et l'aménagement des cours d'école, produit par la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale.

Les auteurs ont interrogé les directeurs d'école et les responsables des services de garde des 181 écoles primaires de la région - tant publiques que privées -, récoltant un taux de réponse de 67 %. Cette enquête a permis d'apprendre que plusieurs balançoires et glissoires qui font le bonheur des petits ne datent pas d'hier. Une école sur trois a au moins un module de jeu âgé de plus de 15 ans, ce qui peut représenter «un risque de blessures pour les enfants en raison de l'usure des matériaux», peut-on lire dans le rapport. En raison de leur âge, les jeux ne sont pas conformes à la norme canadienne sur la sécurité des appareils de jeux, une norme qui est d'ailleurs méconnue dans le réseau scolaire.

«On n'a pas été vérifier dans quel état sont les appareils de jeu, précise le médecin Michel Lavoie, coauteur du rapport. Mais on sait que ce n'est pas parfait. Quand on parle de risque de blessures, c'est qu'il peut y avoir des chutes et des fractures», dit-il. Au primaire, le tiers des blessures se produisent dans la cour d'école, affirme M. Lavoie. Parfois, il n'est pas obligatoire de remplacer des modules de jeux complets pour rendre une cour d'école plus sécuritaire, ajoute le médecin. L'ajout de surfaces absorbantes au sol, qui amortissent les chutes, peut être une solution.

Par ailleurs, 77 % des directeurs d'école affirment que les jeux dans leur cour d'école sont inspectés annuellement. Mais l'inspection est souvent réalisée par un employé de l'école qui n'a reçu aucune formation à ce sujet (62 %). Reste tout de même le tiers des écoles où les jeux ne sont pas inspectés régulièrement. La moitié des directeurs d'école affirme d'ailleurs avoir besoin de soutien pour l'inspection et l'entretien des jeux.

«Il faut s'assurer que c'est fait de façon systématique, par des gens compétents. Ça pourrait être un responsable à la commission scolaire, par exemple», affirme M. Lavoie.

France Dionne, qui a corédigé l'étude avec M. Lavoie, rappelle qu'il est aussi important de travailler sur les comportements des enfants. «Même si on a des structures de jeux parfaites, il peut quand même y avoir des accidents. Il faut aussi leur montrer comment s'en servir.»

Les auteurs du rapport ont voulu dresser un portrait des cours d'école de la région pour aider les écoles à les aménager et à les animer. Plusieurs écoles ont des projets sur la table à dessin, mais peu de ressources pour les guider. «Tout est à faire», lance France Dionne, qui mise sur la cour de récréation pour faire bouger les écoliers dans un environnement sécuritaire. «Les enfants passent beaucoup de temps dans la cour d'école et il est important qu'ils s'y sentent bien.»

 

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