Calendrier scolaire: Courchesne fait marche arrière

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, maintient le... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, maintient le nombre d'heures obligatoires d'enseignement pour les matières de base, comme le français ou les mathématiques.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le calendrier scolaire retrouve ses jours fériés et ses congés. Après avoir provoqué toute une levée de boucliers, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, fait marche arrière en retirant les mesures les plus controversées de son projet de règlement, à quelques nuances près.

Au début février, sans tambour ni trompette, la ministre Courchesne avait déposé un projet de règlement qui chamboulait considérablement le calendrier scolaire québécois. L'année scolaire se calculait désormais en heures plutôt qu'en jours de classe, ce qui ouvrait la porte à l'enseignement l'été et la fin de semaine. Les jours de congés et les fériés disparaissaient complètement du régime pédagogique.

Dans une rare unanimité, tous les acteurs du milieu de l'éducation ont dénoncé ces modifications. Même le Conseil supérieur de l'éducation s'y est opposé, jugeant l'opération trop précipitée. Le vent de protestation aura eu raison de ces changements.

En point de presse mardi, la ministre Courchesne a refusé d'admettre qu'elle faisait marche arrière, préférant plutôt parler de «poursuite» des objectifs liés à la réussite scolaire.

Pourtant, l'année scolaire se calculera bel et bien en nombre de jours et l'article 19 - qui définit les jours de congés et les fériés des élèves - réapparaît dans le régime pédagogique. Seul bémol, Mme Courchesne prévoit que des «services éducatifs» pourront se dérouler exceptionnellement la fin de semaine avec l'autorisation des parents. Le tout, afin de donner davantage de «flexibilité» aux écoles qui veulent mettre sur pied des «projets particuliers» pour lutter contre le décrochage, a-t-elle indiqué.

La ministre maintient par ailleurs le nombre d'heures obligatoires d'enseignement pour les matières obligatoires, comme le français ou les mathématiques. D'autres mesures qui n'ont pas soulevé de vagues dans le réseau scolaire, comme le redoublement en première secondaire et l'entrée progressive en maternelle, sont toujours au menu.

Au cours des dernières semaines, plusieurs avaient reproché à Mme Courchesne d'avoir voulu introduire ces modifications pour accommoder six écoles juives illégales, avec qui elle venait de conclure une entente. La ministre a indiqué mardi que l'abolition des mesures plus controversées n'a aucune incidence sur l'entente conclue puisque ces écoles juives se sont engagées à respecter le calendrier scolaire québécois.

Bon accueil

Dans le milieu de l'éducation, plusieurs ont accueilli l'annonce de mardi avec un grand «ouf». «On est soulagés parce qu'on avait d'énormes réserves», a lancé Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec. «On est heureux que l'on tienne maintenant compte de la collaboration incontournable des parents», a-t-elle ajouté.

Réaction similaire du côté de la Fédération des directions d'établissement d'enseignement. «On est bien content de la réintroduction de l'article 19. On ne pouvait pas changer quelque chose de si important sans avoir l'aval de la société», a indiqué sa présidente, Chantal Longpré.

Cette dernière déplore toutefois le maintien d'un nombre d'heures obligatoires pour les matières de base, ce qui vient compliquer la tâche des écoles qui offrent des programmes particuliers dont l'horaire est condensé. En plus de demander une dérogation aux commissions scolaires, il faudra désormais en obtenir une auprès du ministère de l'Éducation, ce qui «alourdit la démarche», affirme Mme Longpré.

Enseignants frustrés

Dans les rangs des enseignants, même si certains changements sont accueillis favorablement, on dénonce l'ouverture à l'enseignement la fin de semaine.

«La porte est encore trop ouverte, affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement. On n'est pas d'accord avec ça. Qu'est-ce que ça veut dire, exceptionnellement ? Qu'en est-il de la conciliation famille-travail pour les enseignants?»

De son côté, la Fédération des comités de parents a préféré attendre d'en savoir plus avant de commenter l'annonce faite mardi.

Le nouveau projet de modification au régime pédagogique devrait être publié aujourd'hui dans La Gazette officielle.

 

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