Le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE) - obligatoire pour tous les futurs profs depuis l'automne - causent bien des maux de tête aux facultés et aux départements des sciences de l'éducation. En février, Le Soleil rapportait que dans certains programmes, à peine 25 % des étudiants avaient obtenu la note de passage après une tentative.
Les étudiants doivent réussir cet examen avant leur troisième stage, qui survient généralement pendant la troisième année de leur baccalauréat de quatre ans. Les futurs profs ont trois chances d'atteindre le seuil de réussite, fixé à 70 %. Selon ce qui était prévu au départ, un troisième échec devait entraîner la suspension du programme pour une durée d'un an et un quatrième échec, l'expulsion définitive.
Confrontées à un taux d'échec élevé, les universités ont décidé de revoir ces sanctions. Les étudiants qui échouent après trois tentatives n'auront pas accès au stage, mais ils pourront continuer à suivre des cours dans leur programme d'études. «À l'usage, on s'est rendu compte qu'il y avait un certain nombre de problèmes», explique Michel Laurier, doyen de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal.
L'objectif de la suspension était d'envoyer un message clair aux étudiants afin qu'ils se consacrent pendant une année à la maîtrise de la langue de Molière. Or, certains cours de français n'auraient plus été accessibles une fois les étudiants suspendus du programme, explique M. Laurier, qui craignait aussi que les suspensions entraînent plusieurs abandons.
Par ailleurs, un étudiant qui échoue de justesse le TECFEE pourra dorénavant faire une dernière et ultime reprise quelques mois après son troisième échec plutôt que de devoir attendre un an avant de retenter sa chance. «On voulait leur donner plus de souplesse», ajoute le doyen, qui tient à souligner que le contenu de l'examen n'a pas changé.
Cette décision a été prise récemment à la Table MELS-Universités et à l'Association des doyens et directeurs pour l'étude et la recherche en éducation (ADEREQ). Chaque université doit par la suite mettre en place ces nouvelles directives à l'interne, selon les particularités de chacun des programmes.
Un diplôme, mais pas de brevet
Certaines facultés jonglent avec l'idée d'accorder tout de même un baccalauréat en enseignement aux étudiants qui n'auront pas réussi le TECFEE. Ce diplôme ne leur donnera toutefois pas accès au brevet d'enseignement, puisqu'ils n'auront pas complété leur stage. D'autres universités étudient la possibilité d'offrir un baccalauréat général à ceux qui arriveront à cumuler 90 crédits.
«Puisque la décision est récente, on doit étudier différents scénarios. Si des étudiants ont déjà accumulé 75 crédits, on a avantage à voir comment ils peuvent compléter un baccalauréat», indique Marcel Monette, doyen de la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval.
À l'Université du Québec à Chicoutimi, on se montre assez favorable à ces modifications. «Je ne suis pas sûre que la mesure de suspension était favorable aux étudiants. Il ne faut pas non plus que ces étudiants développent une perception négative à l'égard du français. Ils n'ont pas été habitués à des pressions de ce type-là dans notre système d'éducation», affirme Carole Fisher, responsable du centre d'aide en français pour les étudiants en enseignement.
Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, on se contente d'affirmer qu'il s'agit d'une décision qui relève des universités. «Les standards et le contenu du test ne changent pas. L'important, c'est qu'on aide les étudiants à réussir dès le début de leur baccalauréat» a indiqué Tamara Davis, attachée de presse de la ministre Courchesne.
En un mot: TECFEE
Après des années de tergiversations, le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE) est arrivé dans les universités l'automne dernier. Le but : s'assurer que les nouveaux profs possèdent une bonne maîtrise de la langue française. La réussite de cet examen national est conditionnelle à la poursuite de leurs études en enseignement. Le TECFEE comprend une série de questions à choix de réponses et la rédaction d'un texte de 350 mots. Un seul dictionnaire est permis pendant l'examen.












