Projet-pilote Partir du bon pied: sur le chemin de l'école

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Le projet-pilote Partir du bon pied permettait aux parents de rencontrer des spécialistes qui les guideraient dans le développement de leurs enfants avant d'arriver à l'école.

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) À l'École des parents, sur la Rive-Sud de Québec, la lutte contre le décrochage commence... avant même l'entrée à l'école.

Par un beau lundi soir ensoleillé, une quinzaine de parents et d'éducatrices en garderie se présentent au sous-sol de la Maison de la famille, à Saint-Apollinaire. Des mamans arrivent avec leurs petits en pyjama, qui se feront garder gratuitement pendant la rencontre. Même si l'été vient de se pointer le bout du nez, les participants tiennent à assister à la dernière séance du projet-pilote Partir du bon pied, organisé par l'École des parents.

«Depuis des années, les spécialistes insistent sur l'importance du dépistage précoce pour prévenir les problèmes d'apprentissage et le décrochage scolaire. On voulait permettre aux parents de rencontrer des spécialistes qui les guideraient dans le développement de leurs enfants avant d'arriver à l'école. À cet âge-là, il n'y a pas d'urgence, on n'est pas obligé de sortir l'artillerie lourde pour corriger un léger regard. Mais encore faut-il savoir comment s'y prendre», explique Josette Grégoire, responsable de l'École des parents.

Pour la première année de ce projet-pilote qui se déroule dans le secteur de Lotbinière, Mme Grégoire espérait attirer une cinquantaine de parents. Près d'une centaine se sont finalement montrés intéressés.

Ce soir-là, Karina Vachon, enseignante et formatrice, en profite pour faire un rappel de ce qui a été vu au cours des dernières rencontres. Depuis six mois, à raison d'une fois par mois, les parents ont eu droit à des rencontres portant sur la motricité, le langage et la discipline, sans oublier l'éveil à la lecture et à l'écriture chez les gamins de deux à quatre ans.

La dernière séance porte sur les prérequis pour l'école. Non, les tout-petits qui arriveront à la maternelle n'ont pas besoin de savoir écrire leur nom ou de connaître leur alphabet. Mais comme parent, si vous avez tendance à toujours le laisser gagner lorsque vous jouez avec lui, mieux vaut le préparer aussi à perdre, indique Mme Vachon. Il est bien aussi de s'assurer qu'il sache tenir son crayon ou manipuler des ciseaux et qu'il soit capable d'accepter de se faire dire non.

Pratico-pratiques

Lors d'une séance précédente, une conseillère pédagogique est aussi venue donner des trucs aux parents pour développer le goût de la lecture chez les jeunes enfants, puisque les compétences des élèves en lecture représentent un des premiers facteurs de réussite scolaire.

Des ateliers comme ceux-là «permettent aux parents de faire un premier contact avec l'école, tout en développant leur habileté à déceler des problèmes d'apprentissage, s'il y en a. En prévention, les besoins sont criants», affirme Mme Vachon, qui a enseigné pendant une dizaine d'années au préscolaire.

Les parents, eux, en redemandent. Les questions sont nombreuses et le coup de pouce, bien apprécié. «Ça m'a tellement apporté!» lance Julie, mère d'un garçon de deux ans et d'une fille de 10?mois. «J'ai appris beaucoup, tant au niveau du langage, de la discipline que de l'écriture», dit-elle.

Une autre mère est ravie d'avoir pu trouver des conseils pratico-pratiques, près de la vie quotidienne. «Je lis beaucoup de revues, mais des fois, de la théorie à la pratique, il y a un monde. Ici, les trucs qu'on nous donne, c'est du concret», lance Guylaine, mère de deux petites filles.

À l'École des parents - qui existe depuis une vingtaine d'années à la commission scolaire des Navigateurs -, on espère que ces ateliers permettront à davantage d'enfants de partir du bon pied. L'expérience devrait s'étendre à d'autres secteurs de la Rive-Sud l'an prochain.

Au primaire, de 5 % à 15 % des élèves accusent des retards en lecture. Ceux qui tirent de l'arrière ont beaucoup plus de chances de décrocher, une fois rendus au secondaire.

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