Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), est catégorique. «Non, les écoles ne peuvent pas y arriver pour la rentrée. Ce n'est tout simplement pas possible», a-t-elle lancé mercredi. Si le gouvernement va de l'avant, c'est même la qualité de l'évaluation qui pourrait en souffrir, ajoute-t-elle.
La ministre Courchesne a rendu public le 11 juin le nouveau modèle de bulletin qui sera davantage axé sur les connaissances et qu'elle veut imposer à toutes les écoles du Québec dès la rentrée. Présentement, les bulletins varient d'une école à l'autre.
Le projet de règlement est soumis à 45 jours de consultation avant son adoption formelle et la FCSQ a rendu public mercredi le mémoire rédigé dans le cadre de cette opération. «Proposer de tels changements à ce moment-ci de l'année scolaire est irrecevable», peut-on lire. Les commissions scolaires demandent à Mme Courchesne de ne pas procéder aux changements cette année, réclamant plutôt une phase d'expérimentation qui permettrait de bien évaluer les impacts de ces modifications avant de les mettre en place.
Un des problèmes majeurs, ajoute la FCSQ, est que ce nouveau bulletin introduit quatre étapes obligatoires. Or, dans plusieurs écoles, le calendrier scolaire - imprimé depuis longtemps - s'échelonne plutôt sur trois étapes.
De plus, les commissions scolaires craignent que les lignes directrices du Ministère, qui doivent accompagner ce nouveau bulletin, ne soient pas prêtes pour septembre. «C'est presque impossible. Et puisque l'évaluation des élèves commence dès la première journée de classe, ce sera très nébuleux et ça risque de créer des disparités d'un établissement à l'autre», affirme Mme Bouchard.
Image entachée
La présidente de la FCSQ rappelle par ailleurs que ce virage n'était pas réclamé dans le réseau de l'éducation. «On se demande vraiment ce que ça vient apporter de plus. En introduisant d'autres changements, on nuit à l'image de l'école publique», affirme-t-elle.
Les commissions scolaires reconnaissent que ce nouveau bulletin simplifie la tâche des enseignants, puisque le nombre de compétences à évaluer est réduit. Mais du même souffle, la FCSQ dénonce l'absence de marge de manoeuvre pour des écoles parfois bien différentes et le manque de cohérence entre la réforme enseignée en classe et
ce nouveau bulletin qui fait bien peu de place aux compétences, un des concepts clés du renouveau pédagogique.
Les commissions scolaires ne sont pas les seules à dénoncer la vitesse à laquelle ce virage doit être négocié. En juin, les directeurs d'école et les enseignants avaient affirmé en avoir assez des changements à répétition qui arrivent à la toute dernière minute.
Au cabinet de la ministre, on s'est contenté d'affirmer mercredi que la période de consultation se terminait à la fin juillet et que Mme Courchesne prendra en considération tous les avis présentés.














