Un frère et sa soeur poursuivent le Cégep Lévis-Lauzon en raison de son test d'éducation physique

Florence Dallaire-Turmel a décidé de joindre la poursuite... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

Agrandir

Florence Dallaire-Turmel a décidé de joindre la poursuite intentée par son frère Olivier l'an dernier. Tous deux ont échoué à leur examen d'éducation physique, ce qui les prive de leur DEC. Ils sont représentés par leur père, Me Simon Turmel (sur la photo avec son fils).

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) La grogne prend de l'ampleur contre le test d'éducation physique du Cégep Lévis-Lauzon. Un deuxième étudiant poursuit le Cégep après avoir échoué à l'examen, conditionnel à l'obtention du diplôme d'études collégiales.

Florence Dallaire-Turmel a été admise en droit à l'Université Laval l'automne prochain. L'étudiante ne sait toutefois pas si elle pourra bel et bien commencer ses études universitaires cet automne puisqu'elle n'a toujours pas son diplôme d'études collégiales (DEC) en poche. Malgré plusieurs tentatives, la jeune femme a échoué le test d'éducation physique du Cégep Lévis-Lauzon, qui mesure l'endurance cardiorespiratoire.

Le Cégep Lévis-Lauzon serait un des seuls à exiger, depuis une dizaine d'années, la réussite de cet examen pour accorder un diplôme. «Pour nous, c'est aussi important de réussir un cours de français qu'un cours d'éducation physique. Quand on a adopté cette mesure, ça allait dans l'idée de la globalité de la personne, un esprit sain dans un corps sain», explique Sylvie Vallières, directrice des communications au Cégep de Lévis-Lauzon.

Trois échecs

Au début du troisième cours d'éducation physique, tous les étudiants doivent se soumettre à cet examen de «puissance aérobie maximale». Un étudiant qui a un résultat inférieur à la moyenne doit améliorer sa performance au cours de la session pour obtenir la note de passage.

Malgré trois séances de hockey, un cours de spinning et une séance de tapis roulant par semaine, Florence Dallaire-Turmel n'a pas réussi à augmenter son endurance cardiorespiratoire au cours de la session d'automne 2009. Après un autre échec en janvier, elle a à nouveau échoué l'examen de peu au début juin, alors qu'elle s'était entraînée au centre de conditionnement physique cinq fois par semaine pendant deux semaines.

«C'est un test abusif. Je suis pourtant quelqu'un qui a toujours fait du sport», dit-elle.

L'étudiante en sciences humaines a donc décidé de se joindre à la poursuite intentée par son frère contre le Cégep l'an passé. Après avoir échoué au même examen, Olivier Dallaire-Turmel a déposé une requête en Cour supérieure, affirmant que le Cégep avait agi illégalement en modifiant à la hausse les critères du ministère de l'Éducation, qui se limite à exiger des étudiants qu'ils démontrent leur capacité à «prendre en charge leur pratique de l'activité physique dans une perspective de santé».

Les deux étudiants réclament un dédommagement de 25 000 $ chacun pour les inconvénients subis et l'obtention de leur diplôme d'études collégiales. Ils sont représentés par leur père, Me Simon Turmel, qui a fait réaliser une expertise par un professeur de l'Université Laval démontrant que l'examen «n'est pas un test valide selon les normes scientifiques usuelles généralement reconnues».

Ministère préoccupé

Le ministère de l'Éducation serait aussi préoccupé par la situation. Selon la requête déposée, le directeur de l'enseignement collégial du Ministère aurait fait parvenir en juin 2009 une lettre au Cégep mentionnant son «extrême préoccupation devant l'utilisation d'un outil de mesure de la performance physique».

À la suite de cette requête,

Me Turmel affirme avoir reçu plusieurs coups de fil d'étudiants qui se trouvent dans la même situation. Plusieurs auraient d'ailleurs développé des trucs pour éviter de se soumettre à l'examen, ajoute Florence Dallaire-Turmel. «Il y en a qui prennent le cours d'éducation physique par correspondance pour ne pas avoir à faire le test», dit-elle.

Au Cégep de Lévis-Lauzon, on refuse de commenter davantage la situation puisque le dossier est devant les tribunaux. Mme Vallières affirme toutefois que le nombre d'échecs à cet examen n'est «vraiment pas élevé». Le taux de réussite des trois cours d'éducation physique combinés est de 86 % comparé à 89 % pour l'ensemble des collèges de la province, selon le Cégep. Il a toutefois été impossible de connaître le nombre d'échecs pour le troisième cours d'éducation physique, qui comprend le test d'aérobie obligatoire.


Cyberpresse vous suggère

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer