M. Raffarin, qui a été chef du gouvernement français de 2002 à 2005, pilotera un cours intitulé Leadership, management et politique. «Une très belle recrue», se félicite-t-on à l'ENAP.
D'une durée de 45 heures, son cours de trois crédits aura ceci de particulier qu'il sera concentré. L'ancien premier ministre enseignera pendant toute une semaine en octobre et pendant une autre en décembre.
Le cours de Jean-Pierre Raffarin sera offert au campus de Québec de l'institution. Les 28 places disponibles se sont remplies dès qu'il a été ouvert aux inscriptions, a-t-on confié. D'autres étudiants sont sur une liste d'attente.
Aucune polémique n'a émaillé ce recrutement d'un «ancien». Il en avait été autrement lorsqu'Alain Juppé, également chef du gouvernement sous le président Jacques Chirac, était venu enseigner au Québec en 2006.
L'UQAM lui avait fermé la porte au nez, tandis que l'ENAP l'avait accueilli à bras ouverts.
L'actuel maire de Bordeaux s'était exilé au Québec le temps de purger sa peine d'inéligibilité politique. Il avait été exclu de la vie politique française pendant un an pour avoir participé au financement illégal du parti de Chirac.
Le financement occulte des partis politiques a longtemps été pratique courante en France. Le Parti socialiste, comme le RPR qu'a présidé Juppé, a abondamment manipulé les règles. À l'ENAP, quatre ans plus tard, on se félicite encore d'avoir accueilli Juppé. Son cours portait sur la mondialisation.
Il avait fait comprendre à ses étudiants que les gouvernements, pour peu qu'ils veuillent faire preuve de volontariat, peuvent orienter ce mouvement «dans un sens ou dans l'autre en fonction de leurs choix politiques».
Des professeurs de l'École nationale d'administration publique croient que Jean-Pierre Raffarin marquera ses étudiants autant que son prédécesseur l'avait fait avec les siens.











