«Il y a encore des choses à analyser pour partir sur la bonne voie», a expliqué François Moisan, porte-parole de la Ville. L'administration municipale a refusé de transmettre au Soleil les résultats des projets menés auprès de 3800 ménages de Québec, dans certains cas depuis plus d'un an. «Nous sommes en réflexion sur la façon de recueillir les matières.» Mais les résultats «sont bons».
En fait, Québec demandera sous peu aux participants un geste supplémentaire, soit l'achat de sacs de plastique biodégradables. «On va analyser l'impact sur le taux de participation», explique M. Moisan.
La collecte des restes de repas permet de fabriquer du compost et d'atteindre les objectifs de recyclage fixés aux municipalités par le gouvernement du Québec, tout en diminuant le tonnage de déchets acheminés à l'incinérateur ou au site d'enfouissement. La Ville de Québec doit déterminer le mode de cueillette et de transport le plus écologique possible, de même que l'emplacement de l'usine; une demi-douzaine de sites sont envisagés. Tout indique qu'on optera pour un lieu fermé en raison des odeurs.
Captation du méthane
Plus encore, elle doit faire son nid sur le mode de traitement des matières. En utilisant une technique particulière de décomposition (à l'aide d'un digesteur anaérobie), on peut capter le méthane, un gaz naturel, pour produire de l'énergie. De plus, cette option génère 80 % moins de gaz à effet de serre que la décomposition.
Québec doit aussi convaincre la population de passer à cette autre étape du tri des déchets afin qu'elle devienne aussi naturelle que le recyclage du papier, des plastiques et des métaux dans le bac bleu. Ce n'est pas fait.
Québec devait annoncer sa décision en février. De délai en délai depuis trois ans, il semble maintenant irréaliste que la collecte soit mise en place pour 2010. On estime que pas moins de 75 000 tonnes de matières putrescibles seraient revalorisées. Pour l'instant, Québec arrive au dernier rang des 27 régions urbaines au pays en matière de compostage.
Les huit sites de compostage communautaire débordent
Pendant que Québec tergiverse avec la cueillette des restes de table, les huit sites de compostage communautaire débordent. Celui du parc Richelieu est tellement plein qu'il a dû fermer ses bacs pour l'hiver.
«J'ai jamais vu ça!» s'exclame Véronique Laflamme, organisatrice communautaire du comité populaire Saint-Jean-Baptiste, dans l'arrondissement de La Cité. Ce qui signifie que plus de personnes ont continué à recueillir leurs matières compostables pendant l'hiver que précédemment, mais aussi que la centaine de personnes qui participent au projet devront attendre le dégel pour continuer.
L'an passé, les quelque 2100 kg de matières ont généré environ 350 kg de compost. Compte tenu du tissu urbain très serré du quartier, un site communautaire représente souvent la seule façon de fabriquer du compost, même si le but premier est d'abord de réduire le volume des «déchets» domestiques.
Ces sites représentent aussi une forme de sensibilisation, estime Mathieu Boyd, agent de liaison du groupe Éco-Quartier. «Ça donne de la visibilité au compostage.» Très bonne en plus : la demi-douzaine de sites gérés par Éco-Quartier affichent complet. «C'est pratiquement plein en permanence. On a environ 200 ménages et une liste d'attente d'une cinquantaine de noms.» Des panneaux, sur chaque site dans Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou, donnent de l'information.
Malgré la popularité de l'initiative, impossible d'en faire plus : «On a atteint nos limites, explique M. Boyd. Il faudrait que d'autres groupes communautaires ou de citoyens s'impliquent.»
Ou que Québec annonce le début de la collecte municipale à domicile











