Parallèlement à cette décision, le groupe offre à tarif réduit des bacs et des sacs réutilisables de grandeurs diverses pour le transport des aliments. Les sacs de plastique à cinq cents seront plus grands et composés de 35 % de matière recyclable.
«On ne veut pas faire d'argent avec les sacs et les bacs, on veut seulement réduire le nombre de sacs de plastique», assure Josiane Bourdeau, vice-présidente de l'entreprise pour le marché du Québec.
Loblaws emboîte le pas à d'autres entreprises (les quincailleries Orna, IKEA, la Société des alcools) qui elles aussi imposent à leurs clients des frais de cinq cents par sac de plastique.
Selon les données colligées par Loblaws, l'imposition d'une somme symbolique permet une réduction à la source des sacs de plastique de près de 55 % par tranche de 1000 $ de ventes comparativement aux sacs gratuits. Récompenser l'utilisation des sacs réutilisables permet une réduction de seulement 4 %.
Loblaws s'engage en outre à donner 1 million $ par année pendant trois ans au WWF (World Wildlife Fund) et à son pendant québécois, la Fédération québécoise pour l'environnement (FQE). L'argent donné par Loblaws servira justement à élaborer une campagne de publicité pour encourager l'utilisation des sacs réutilisables.
Raymond Dion, le conseiller municipal affecté à l'environnement, est très content de la décision de Loblaws.
«Les sacs de plastique sont une calamité au centre de tri. Ils baissent la qualité des ballots. Nous perdons 20 $ la tonne à cause de ces sacs qui sont emmêlés dans le papier ou le verre. Les sacs de plastique sont un handicap. Nous espérons que d'ici 2010, toutes les entreprises vont imposer des frais de cinq cents ou même 25 cents par sac de plastique», a expliqué le conseiller mardi.
Les autres supermarchés?
Le groupe IGA n'a pas l'intention pour le moment de faire payer les clients pour les sacs de plastique.
«Nous faisons de la sensibilisation en faveur des sacs réutilisables. Nous avons des affiches partout, dans nos circulaires, aux caisses, dans les stationnements. Et ça fonctionne! Notre quantité de sacs de plastique a baissé de 25 %. Nous préférons notre approche positive», explique la porte-parole Anne-Hélène Lavoie.
Metro-Super C, par contre, pourrait bien emboîter le pas bientôt. «À Toronto, la Ville exige que nous demandions cinq cents par sac de plastique, à partir du 1er juin. C'est ce que nous ferons. Pour le reste du Canada, nous verrons. Nous regardons ce dossier avec attention», dit Marie-Claude Bacon.
Pour le moment, la plupart des marchands de la bannière offrent à leurs clients cinq cents par sac réutilisable utilisé pour emballer les produits.
Le papier est pire
Les sacs de papier sont pires que les sacs de plastique, selon les environnementalistes. Pour produire un sac de papier, il faut couper des arbres. Le bois doit ensuite être blanchi avec de l'eau, beaucoup d'eau. Et comme un sac de papier s'abîme vite, il est moins réutilisé qu'un sac de plastique.
Raymond Dion, le conseiller de la Ville de Québec responsable de l'environnement, supplie les gens d'enlever le sac de plastique avant de jeter le contenu du Publi-sac au recyclage. Selon des études, à peine 30 % des sacs de plastique seraient réutilisés.
Vox pop
Propos recueillis auprès de clients qui sortent de chez Loblaws:
«Je suis d'accord qu'on me charge 5 cents par sac de plastique. J'en ai plein de sacs réutilisables... dans mon auto. La prochaine fois, je vais penser de les apporter.» (Claudette Savard)
«Moi, je suis pas trop d'accord avec ça. Ça brime ma liberté. Mes sacs réutilisables, je ne les ai pas toujours avec moi. On n'est pas pour commencer à se stresser avec ça!» (Huguette Bolduc)
«On aurait dû faire ça il y a 20 ans. Imposer 5 cents, ça nous oblige à penser à nos sacs.» (Samuel Besmargian)
«Tant qu'à moi, c'est pas fort de charger 5 cents. Moi mes sacs en plastique j'en ai besoin, pour la litière du chat et pour les déchets. Je vais continuer de les utiliser et payer 5 cents.» (Brian Turcotte)












