GES: le Canada établit un triste record

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GES: le Canada établit un triste record

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L'exploitation des sables bitumineux, en Alberta, cause des ravages.

Photothèque La Presse

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) Triste record canadien pour le Jour de la Terre, hier : le Canada a atteint un sommet d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les données dévoilées par Environnement Canada démontrent qu'avec 747 mégatonnes de GES en 2007, le pays dépasse de 26 % l'année de référence du Protocole de Kyoto (1990) et de 34 % la cible qu'il s'est fixée en vertu de ce protocole.

L'organisme écologique Équiterre a vivement réagi à la publication en catimini, sur le site Internet d'Environnement Canada, du «catastrophique» bilan des émissions de GES le Jour de la Terre en dénonçant l'«incroyable cynisme» du gouvernement Harper.

Année après année, le Canada s'est taillé une réputation peu enviable sur la scène internationale pour ses GES. Le pays arrive au deuxième rang des émissions par habitant, derrière l'Australie, et au septième rang des plus grands émetteurs mondiaux ? la Chine, les États-Unis et l'Inde sont les trois premiers. Et ce, bien qu'il ait adhéré à Kyoto.

La croissance des émissions depuis 1990 est significative. Elle est causée par la forte augmentation de la production pétrolière et gazière, en grande partie à des fins d'exportation vers les États-Unis; la hausse considérable des véhicules motorisés et d'une dépendance accrue aux centrales électriques au charbon, notamment en Ontario, qui a éprouvé des problèmes avec sa filière nucléaire.

De 1990 à 2007, l'augmentation nette des émissions annuelles de GES au Canada a atteint près de 155 Mt (mégatonnes ou millions de tonnes). Durant cette même période, les émissions des industries énergétiques (production de combustibles fossiles et d'électricité) et du secteur des transports se sont accrues d'environ 143 Mt, constituant la majeure partie de l'augmentation globale. Les industries énergétiques représentent environ la moitié des émissions de GES au pays et celles des transports, le tiers.

À l'inverse, les émissions du secteur résidentiel sont demeurées essentiellement inchangées (hausse de 0,2 %) depuis 1990. La hausse de la population et des domiciles a été contrebalancée par un resserrement des normes énergétiques et des appareils plus écologiques, qui ont fait diminuer les émissions.

À plus court terme, la nouvelle marque de 747 Mt est une augmentation de 4 % comparativement à 2006. Mais les émissions sont relativement stables depuis 2004 (augmentation de 0,8 %). Un équilibre s'est créé entre les augmentations importantes des secteurs des transports et de l'exploitation minière, et les baisses dans plusieurs autres secteurs, notamment en agriculture.

Véhicules à moteur

L'utilisation croissante des véhicules à moteur, en général, et la popularité des véhicules utilitaires sport, en particulier, expliquent la hausse des GES pour 2007. C'était, toutefois, avant l'augmentation du prix de l'essence et la crise économique actuelle. Des températures plus froides en 2007 que durant les années précédentes ont également fait augmenter la demande de chauffage.

Reste que l'exploitation des sables bitumineux, en Alberta, cause des ravages. «À elles seules, les émissions associées à l'industrie minière et à l'extraction pétrolière et gazière affichent une hausse de 56,7 % [8,4 Mt] entre 2004 et 2007, surtout attribuable à l'activité accrue dans les champs de sable bitumineux de l'Alberta, mais compensée en partie par la stabilisation de la production canadienne de gaz naturel et la baisse de la production classique de pétrole», lit-on dans le rapport préparé en fonction des exigences du Protocole de Kyoto.

Durant la même période, les exportations de pétrole brut ont augmenté de 12 %, alors que la demande intérieure a chuté de 4 %.

Pour Équiterre, ce rapport démontre que «les émissions canadiennes ne sont aujourd'hui soumises à aucune espèce d'encadrement visant leur diminution. Et l'industrie pétrolière est encouragée à se servir de l'atmosphère terrestre comme d'une poubelle à ciel ouvert».

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