Au cours de sa visite en Suède, Régis Labeaume a conclu une entente avec la firme suédoise Envac, qui a mis au point un système pneumatique de collecte souterraine des matières résiduelles, pour qu'elle ouvre un bureau à même la Cité verte, dans le quartier Saint-Sacrement, près de l'hôpital Jeffery Hale.
La Ville a aussi convaincu l'entreprise autrichienne Pewo, qui a créé un système de chauffage urbain à partir de copeaux de bois, de transférer sa technologie à une compagnie de Québec dont le nom n'a pas été révélé. Selon le maire Labeaume, la compagnie envisage aussi d'installer un bureau dans la capitale.
En attirant ces deux entreprises, M. Labeaume souhaite que la capitale devienne un pôle du «bâtiment intelligent» comme elle l'est devenue dans le domaine de l'optique-photonique. «La Cité verte deviendrait le quartier résidentiel au Canada qui est le plus révolutionnaire en termes de développement durable et probablement en Amérique du Nord», a-t-il dit.
Le maire veut ainsi faire du futur quartier résidentiel écologique une vitrine dont pourront s'inspirer les autres villes du Québec, du Canada et du monde entier.
L'implantation des deux technologies dans la Cité verte coûtera 27 millions $, en plus des 300 millions $ que le groupe financier SSQ investit dans le projet immobilier.
Le maire de Québec se dit prêt à ce que la Ville paie une partie de la somme si elle n'est pas réunie par des investisseurs. À ce sujet, il affirme avoir rencontré le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, et son homologue québécoise, Line Beauchamp.
Régis Labeaume a aussi indiqué mardi que la Ville voulait ouvrir la voie à au moins deux autres projets immobiliers à l'image de la Cité verte, mais n'a pas voulu donner plus de détails.
La fin de semaine dernière, Régis Labeaume est revenu d'une mission d'une semaine en Espagne, en Autriche et en Suède, où il a visité des quartiers de pointe en développement durable. En Suède, il a notamment été impressionné par un quartier de la ville de Malmo qui n'utilise que des énergies renouvelables. Baptisée «La Cité du futur», celui-ci attire chaque année 13 000 visiteurs, a souligné M. Labeaume, qui espère aussi attirer beaucoup de visiteurs dans la Cité verte.
Le système pneumatique de collecte souterraine des matières résiduelles de la firme suédoise qui s'installera à Québec évitera aux résidants de la Cité verte de mettre leurs sacs d'ordures dans la rue. Les déchets seront aspirés sous terre vers un site centralisé et les citoyens n'auront qu'à les trier dans leur armoire de cuisine, a expliqué le pdg de la SSQ, Jean Morency, lors d'un point de presse avec M. Labeaume.
Quant au chauffage urbain à base de biomasse de la compagnie autrichienne, il permettra de chauffer tout le quartier écologique en émettant huit fois moins de CO2 que du chauffage conventionnel, a précisé M. Morency.
Le groupe financier SSQ prévoit amorcer la construction du complexe immobilier de la Cité verte en août. Celle-ci comprendra 800 unités d'habitation, dont un bâtiment réservé au logement social.
Réagissant à l'annonce du maire Labeaume mardi, le chef de l'opposition, Alain Loubier, a estimé qu'il n'avait pas besoin de se rendre en Europe pour attirer les deux compagnies européennes. L'an dernier, a-t-il fait remarquer, des fonctionnaires de la Ville s'étaient déjà rendus sur la Vieux Continent pour évaluer l'intérêt de ces technologies. «De mon point de vue, il n'y a rien de bien particulier dans l'annonce aujourd'hui, sinon que le maire veut justifier l'intérêt pour lui de voyager à travers le monde.»












