«L'accord historique» présenté hier par le président Barack Obama imposera d'ici 2016 une réduction du tiers des GES et de la consommation. La consommation moyenne des voitures et des camions légers devra atteindre 6,63 litres aux 100 km quatre années plus tôt que ce qui était prévu par la loi.
Selon le gouvernement américain, le nouveau programme doit permettre d'économiser 1,8 milliard de barils de pétrole et de réduire les GES de 900 millions de tonnes, ce qui revient à retirer des routes 177 millions de voitures ou à fermer 194 centrales au charbon.
«C'est un changement incroyable, qui va dicter des choix dramatiques dans les véhicules et les technologies», estime Georges Iny, le président de l'Association de protection des automobilistes.
À genoux en raison de l'actuelle crise économique, la jadis puissante industrie automobile américaine, qui contestait systématiquement devant les tribunaux toute règle plus contraignante, s'est associée à ce changement salué par les écologistes. «Elle atteindra en 2016 le niveau d'évolution où elle aurait dû se trouver en 2002 ou en 2004», observe M. Ivy.
Le Canada à la remorque
En fait, plusieurs pays ont déjà des mesures encore plus restrictives. Le Japon atteint déjà une moyenne de 6,28 l aux 100 km et l'Union européenne, 6,42 l aux 100 km. Le gouvernement Harper n'a jamais eu l'intention d'adopter les normes californiennes. Il a toutefois déclaré, le mois dernier, qu'il adopterait les mêmes mesures que le gouvernement américain.
«Encore une fois, le Canada est incapable de faire preuve de leadership et suit le courant. La bonne nouvelle, c'est que, cette fois, il s'agit d'un bon président. On s'en contente : les nouvelles mesures auront un impact significatif», souligne David Martin, coordonnateur climat et énergie de Greenpeace Canada.
Peu importe : les véhicules conçus pour respecter ces nouvelles normes seront vendus au pays et largement adoptés par les consommateurs, encore plus au Québec, croit M. Iny. «Historiquement, les Québécois achètent des véhicules moins énergivores et recherchent une formule plus européenne.»
La commande n'en est pas moins énorme pour l'industrie dans un court laps de temps. Mais «l'industrie aura une occasion unique de se regarder dans le miroir et de se réinventer en produisant des véhicules plus durables et qui répondent vraiment aux besoins des consommateurs», croit Philippe St-Pierre, de CAA-Québec.
Même si la nouvelle réglementation a le mérite d'être claire et uniforme, elle laisse certaines questions en suspens, dit-il. «Il ne faudrait pas compromettre la sécurité des gens pour autant.»
Ce changement devrait d'ailleurs faire augmenter le prix des voitures de 1500 $ en moyenne, selon l'administration américaine. Cette hausse serait toutefois absorbée par les économies d'essence.
La Californie, et 13 autres États américains à sa suite, avait adopté des normes plus contraignantes pour les constructeurs qui n'ont jamais eu force de loi en raison de l'obstruction du gouvernement Bush. Le Québec, dans son plan de lutte contre les changements climatiques, a fait siennes ces normes.
«C'est une excellente nouvelle», a commenté Dave Leclerc, le porte-parole de la ministre de l'Environnement du Québec, Line Beauchamp. À première vue, «ça vient confirmer que nous ne nous sommes pas trompés dans nos choix. Nous utilisons les mêmes armes [que l'administration Obama] pour combattre les changements climatiques».
Avec AP et AFP











