«Il faut le sortir du bois», plaide l'architecte Luc Lévesque, professeur d'histoire de l'architecture à l'Université Laval, un citoyen de L'Ancienne-Lorette par surcroît. «Les effets de ce déboisement seront nombreux et affecteront directement la rivière Lorette», prévient Fabienne Mathieu, la présidente du Conseil de bassin de la rivière Saint-Charles, dans une lettre adressée au maire de L'Ancienne-Lorette.
Cosignataires de cette lettre, Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement de la capitale nationale, et Martin Chouinard, président de l'Association forestière du Québec métropolitain, ajoutent que la rivière Lorette «a déjà beaucoup souffert du développement urbain» et qu'elle «ne peut subir d'autres perturbations».
Tout juste situé à l'arrière de l'aréna Mario-Marois, ce boisé urbain longe la rivière Lorette et forme une belle érablière en pleine maturité.
«Il n'est pas question de taire les dangers de ce projet», affirme M. Lévesque, qui a saisi les principaux ministres du gouvernement Charest du sort réservé à cette érablière non exploitée.
«Le déboisement augmente l'érosion et entraîne souvent des inondations de plus en plus coûteuses et dévastatrices, comme celle associée au débordement de la rivière Lorette en septembre 2005», notent les trois groupes.
Dans une première lettre rédigée au mois de décembre, ceux-ci suggèrent au maire Loranger de construire le complexe multisport «à un autre endroit déjà déboisé comme l'ancien terrain de soccer, derrière la polyvalente de L'Ancienne-Lorette, ou près du garage municipal.»
Hier, dans une autre missive adressée à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), les trois organisations demandent à celle-ci d'intervenir pour empêcher un tel déboisement. Elles identifient même quatre sites où un tel aréna pourrait être construit. «La Ville de L'Ancienne-Lorette aurait intérêt à jaser avec les dirigeants de la commission scolaire des Découvreurs, croit M. Turgeon. Il y a, chez celle-ci, un endroit très intéressant à proximité de la polyvalente.»
«C'est d'autant plus justifiable que ce boisé a été inscrit dans le répertoire des milieux naturels de la Ville de Québec en 2005, poursuit Alexandre Turgeon. Les maires de la CMQ ont le pouvoir d'empêcher un tel déboisement.»
Invitant ceux qui ne sont pas d'accord à venir manifester lors de la réunion du conseil, ce soir, M. Lévesque estime pour sa part que si ce projet va de l'avant, «c'est une coupe à blanc de plus de 11 000 mètres carrés [qui sera organisée] dans un exceptionnel boisé public».











