Déjà qu'en matière de sondage, les participants embellissent leur image, il semble que le phénomène soit un peu plus exacerbé en matière d'écologie. Maxime Duchesne, directeur de compte chez Impact recherche, une filiale de Cossette, n'est guère surpris, soulignant que les préoccupations environnementales sont somme toute récentes dans la population.
«On se dit qu'on est vert parce qu'on pose des actions alors que ce ne sont que quelques composantes d'un comportement durable»,
souligne-t-il. Autrement dit, les citoyens voulant adopter un mode de vie plus écologique vont adopter les ampoules fluocompactes, mais n'effectueront pas de changements fondamentaux pour concrétiser leurs bonnes intentions comme installer des panneaux solaires.
L'écart vert entre l'«autoperception» et les gestes conséquents peut parfois atteindre jusqu'à 40 %, comme dans les transports. Le coup de sonde d'Impact recherche a mesuré les perceptions dans cinq catégories, outre les transports : énergie, alimentation, recyclage, réutilisation et préférence pour des produits verts. Puis elle a mesuré les comportements à l'aide d'énoncés se rapportant à chacune des catégories.
Il y a fort à parier que l'écart entre les intentions et les actions soit encore plus grand que ne le laissent supposer les résultats, avancent les responsables du sondage en ligne mené auprès de 1000 répondants répartis à travers le Canada. Par exemple, les répondants déclarent utiliser des contenants de boissons réutilisables plutôt que jetables 80 % du temps... Ce qui est en contradiction flagrante avec les statistiques de Recyc-Québec et d'Environnement Canada sur la question.
Ces résultats, bien que limités, démontrent que les impressions sont parfois trompeuses en matière d'environnement - surtout quand on se compare. Malgré toutes leurs prétentions écologiques, les Québécois produisent plus de déchets résidentiels par habitant que dans les autres provinces et presque partout ailleurs dans le monde; sont responsables de la plus forte hausse d'émissions de gaz à effet de serre produite par les transports au pays depuis 2000 et consomment environ le double d'énergie et d'eau que dans les pays européens.
Il y a quand même de l'espoir. Ainsi, le coup de sonde de Cossette et de Summerhill révèle que les jeunes adultes sont les plus réalistes sur leurs pratiques environnementales. Ils se sont attribué les plus basses notes en «autoperception» et ont l'écart vert le plus petit de tous les groupes d'âge. Or, ils sont généralement plus conscientisés que leurs aînés.
De plus, l'environnement bénéficie d'un effet de mode, souligne M. Duchesne, «ce qui se traduit plus facilement en actions et permet de croire que les choses vont s'améliorer». Remarquez qu'un effet de mode peut aussi provoquer l'inverse, à la longue...
Trois façons simples d'être plus vert
Ce n'est pas toujours évident de poser des gestes conséquents en environnement. Utiliser des sacs réutilisables, c'est bien, mais ce n'est rien comparativement à éliminer un repas de viande par semaine ou à utiliser une tondeuse électrique plutôt qu'à essence. Voici trois gestes à la portée de tous.
1- Effectuer une mise au point régulière de l'automobile.
Ce n'est pas tout le monde qui peut faire du télétravail, utiliser le vélo, l'autobus ou marcher une fois par semaine. Mais tous les automobilistes doivent aller au garage. Un mauvais entretien peut augmenter jusqu'à 15 % la consommation de carburant d'un véhicule et encore davantage ses émissions toxiques. À l'inverse, on peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 620 kg de CO2 par an.
2- Privilégier les aliments québécois.
Les produits d'ici voyagent beaucoup moins que le trajet moyen de nos aliments importés (2600 km en moyenne). De plus, les pratiques agricoles québécoises sont souvent (mais pas toujours) plus respectueuses de l'environnement. C'est une bonne façon d'encourager l'économie provinciale, en général, et locale, en particulier.
3- Baisser le thermostat de 3 °C la nuit.
En plus de réduire votre consommation d'énergie, vous diminuerez votre facture d'électricité de 6 %. En passant, Hydro-Québec offre des remises pour les thermostats électroniques programmables. Éric Moreault (Source?: Défi climat www.defi climat.qc.ca)
Source : Défi climat (www.deficlimat.qc.ca)











