Vive la taxe sur l'énergie!

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Vive la taxe sur l\'énergie!

Agrandir

Pour réduire nos émissions polluantes, il faudrait que l'énergie, en général, et l'essence, en particulier, coûtent plus cher.

Photothèque Le Soleil

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) J'espère que vos vacances vous ont mis dans de bonnes dispositions. Comme ça, je pourrais vous glisser un mot à propos de la taxe sur le carbone. Êtes-vous encore là? Oui ? Tant mieux. Parce que l'adoption par la France d'une telle taxe est d'une importance capitale pour l'avenir de notre planète.

La France imposera, dès 2010, une taxe sur les combustibles fossiles qui doit permettre de bâtir un «monde plus juste» en incitant particuliers et entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

La décision du gouvernement Sarkozy, de droite, en passant, a déclenché une vive polémique en France. «Antisociale», «populiste», «hold-up fiscal», «impôt Sarkozy», «ridicule», «écologie punitive»; les épithètes ont fusé. Puisque plus des deux tiers des Français y sont opposés, le geste s'apparente à un suicide politique. Parlez-en à Stéphane Dion.

Vrai que le tournant vert, auquel Michael Ignatieff a réservé un enterrement de première classe dès son accession à la tête du PLC, n'est pas la seule cause de la cuisante défaite électorale de M. Dion (insérez ici vos théories préférées). Mais sa proposition de taxe sur le carbone, mal expliquée et mal comprise, y a contribué.

À la lumière de ce refus canadien, l'avenir de la taxe sur le carbone en France est aussi celui de la lutte aux changements climatiques. Vrai que l'Hexagone n'est pas le premier pays à adopter le principe. La Suède l'a fait en... 1991! La Finlande, en 1997. La Colombie-Britannique a aussi sa taxe, depuis l'an dernier, et le Québec a une taxe verte, que seuls les producteurs doivent payer - en principe.

Mais si jamais la situation dégénère, surtout dans un pays très enclin à l'écologie, il n'y aura plus un seul chef de gouvernement des pays occidentaux qui voudra toucher à une telle taxe, même muni d'une perche et d'une combinaison anti-radiation.

Dans le même bain

L'avantage d'une telle taxe - taxe, taxe, taxe, n'ayons pas peur du mot même s'il provoque de furieuses crampes mentales à certains -, est qu'elle met tout le monde dans le même bain. (Contrairement à une bourse du carbone, dont l'efficacité est d'ailleurs loin d'être démontrée à la lumière de l'expérience européenne.) Justement, disent ses détracteurs, c'est son principal point faible. Les riches continuent à flamber du pétrole au même rythme, parce que la taxe ne les affecte pas, alors que les pauvres sont doublement pénalisés.

À 27 $ la tonne pour l'instant, l'impact est d'à peine 6 cents le litre d'essence. Mais pour tenir compte des critiques, le gouvernement français a modulé sa taxe pour compenser les pauvres et ceux qui vivent à la campagne (plus dépendants de l'auto puisque sans transport en commun). Ceux-ci recevront une réduction d'impôts ou un «chèque vert» devant servir à l'achat de biens et services respectueux de l'environnement

L'expérience française est aussi importante parce qu'elle pourrait relancer, au sein de certains gouvernements, le débat sur sa pertinence. Bien que le Québec ait déposé une loi visant la création d'une bourse du carbone d'ici 2012, la pertinence de la taxe sur le carbone demeure. Rappelons qu'il y a moins d'un an, quelque 230 économistes canadiens renommés avaient, dans une lettre, endossé le principe d'une taxe sur le carbone.

Discussions en vue à Copenhague

Chose certaine, cette «contribution énergie climat» française - tiens, on eu peur du mot «taxe» - provoquera certainement plusieurs discussions à Copenhague, en décembre. C'est à cet endroit que les pays du monde entier tenteront de s'entendre sur les suites à donner au protocole de Kyoto relativement à la réduction des GES.

La planète vit une crise écologique majeure provoquée par nos émissions polluantes. Pour réduire ces émissions, il faut plus que la carotte - il faut aussi le bâton : une augmentation du prix des combustibles fossibles pour en diminuer la consommation. Autrement dit, que l'énergie, en général, et l'essence, en particulier, coûtent plus cher. C'est plate, mais c'est ça.

Toutefois, l'argent ainsi recueilli ne doit pas aller dans les coffres des gouvernements, mais bien financer la recherche et le développement d'énergies renouvelables et de modes de transports en commun plus verts.

Êtes-vous encore là ?

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer