Ce calcul non scientifique, mais néanmoins savant, est réalisé par l'ONG Global Footprint Network, fondée en 2003. Elle regroupe 23 pays, plus de 200 villes (dont Calgary et Vancouver), scientifiques et universités (dont l'Institut de technologie de Colombie-Britannique) qui cherchent à créer un monde où tous peuvent bien vivre dans les limites des moyens de notre planète.
Son président, Mathis Wackernagel, est le coinventeur du conÂcept d'empreinte écologique. «Pendant des années, notre demande en ressources a excédé, de plus en plus, le budget de ce que la nature peut produire. Les dangers urgents auxquels nous faisons face - notamment les changements climatiques, mais aussi la perte de biodiversité, la déforestation, le déclin des pêcheries, l'érosion des sols et le manque d'eau - sont des signaux clairs : la nature ne peut plus nous faire crédit.»
Son organisation a beaucoup de pain sur la planche: au rythme où nous allons, et rien n'indique que nous voulons ralentir, nous aurons besoin de deux planètes pour subvenir à nos besoins en 2040. Les défis sont tellement énormes, que le Global Footprint Network en appelle à rien de moins qu'à une révolution «dans nos économies, sociétés, choix d'énergie et styles de vie».
Mince consolation, le jour du dépassement est survenu une journée plus tard que l'an passé, ce qui est attribuable à la crise économique mondiale. Les dernières années, la date se rapprochait du 1er janvier de six jours à la fois.
La disproportion est évidemment flagrante, dans l'utilisation des ressources, selon l'endroit où on habite. L'empreinte écologique nord-américaine est passée de 5,2 hectares, en 1961, à 9,5 hectares en 2005 (l'équivalent de 16 terrains de football américain). Pendant la même époque, la biocapacité est passée de 8,7 hectares à 5,5 hectares. C'est presque cinq fois plus que pour un Brésilien ou pour un Malien, et presque deux fois plus que les Français, mais 10 fois plus qu'un Pakistanais.
Ce calcul est effectué chaque année en comparant l'empreinte écologique - le total requis de terres productives et de régions maritimes pour produire les ressources que nous consommons et jetons, incluant les émissions de GES - à la biocapacité, soit la capacité des écosystèmes à produire des ressources. Sur Internet : www.footprintnetwork.org
Trois planètes pour le Québec
Si tout le monde adoptait le style de vie des Québécois, il faudrait trois planètes pour soutenir un tel développement. C'est l'empreinte écologique qu'avait calculée Harvey Mead, le premier commissaire au développement durable du Québec, en 2007. Le mandat de M. Mead n'a pas été renouvelé par le gouvernement Charest.













