«Plusieurs mesures ont été mises de l'avant depuis quelques années pour favoriser le développement durable du transport maritime», a indiqué le coordonnateur de l'Alliance verte, David Bolduc. Plus de 40 organismes et entreprises, dont le Port de Québec, des compagnies maritimes et des expéditeurs (Ultramar), font partie de l'Alliance verte.
«Les eaux de ballast des navires sont systématiquement inspectées aux écluses de Saint-Lambert pour s'assurer qu'elles ne contiennent pas des espèces envahissantes provenant d'autres pays. Avec ces contrôles, il n'y a pas eu de nouvelles espèces envahissantes depuis 2006», a-t-il indiqué.
Ces mollusques, poissons ou plantes indésirables qui ont fait leur apparition en grand nombre dans les Grands Lacs au fil des années ont chamboulé les écosystèmes, menacé l'approvisionnement en eau potable.
L'Alliance verte, qui est gérée à Québec pour tout le réseau du Saint-Laurent et des Grands Lacs, ne veut pas s'arrêter là. Elle vise l'installation obligatoire de systèmes de traitement des eaux de ballast à bord des navires pour s'assurer d'un taux d'efficacité de 100 %. Pour l'heure, on se limite à vérifier si l'eau de ballast est salée. C'est dans l'eau douce que les espèces envahissantes peuvent survivre.
L'industrie du transport maritime veut réduire l'émission de gaz à effet de serre (GES) et de produits toxiques en utilisant un carburant plus propre (diesel) que le mazout lourd. «Bien des navires utilisent maintenant le diesel. C'est plus coûteux mais plus environnemental. Il est aussi possible de réduire la consommation de carburant et la production de GES en réduisant la vitesse des navires», a dit M. Bolduc.
Il rappelle que le transport maritime génère beaucoup moins de GES que le transport routier. Selon l'Alliance verte, un seul navire qui circule dans la Voie maritime transporte autant de marchandises que 1000 camions.
Appui
L'industrie du transport maritime a l'appui de groupes environnementalistes, dont l'Union Saint-Laurent Grands Lacs, qui est grandement préoccupée par l'arrivée de nombreuses espèces envahissantes par les eaux de ballast. «Il y a eu plus d'impact dans les Grands Lacs, mais ces espèces envahissantes demeurent un risque pour les prises d'eau potable sur le Saint-Laurent. On doit éliminer tout risque d'introduire ces espèces», a soutenu Hélène Godmaire de l'Union.
En plus du problème des espèces envahissantes, le groupe environnemental accorde une attention particulière aux eaux usées, aux niveaux d'eau, à l'érosion des berges, au transbordement des marchandises afin d'éviter que certaines tombent à l'eau, à l'utilisation d'un carburant plus propre.
Par ailleurs, l'Union Saint-Laurent Grands Lacs craint la venue de grands navires porte-conteneurs Post-Panamax qui seront utilisés une fois que les travaux d'élargissement du canal de Panamá auront été complétés. Ces navires plus larges pourraient nécessiter le dragage du fleuve à certains endroits et cela non sans risque.
À l'Alliance verte, on estime que ce débat est prématuré. «Ce n'est pas avant 10 ou 20 ans que la question va se poser», a répondu M. Bolduc.









