Réduire les GES aura un prix pour les Québécois

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L'utilisation de la voiture en solo sera pénalisée... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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L'utilisation de la voiture en solo sera pénalisée et l'utilisation du transport en commun, encouragée.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) Québec s'apprête à adopter une cible ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour le sommet de Copenhague, en décembre. Cette volonté aura un prix, et les Québécois devront «changer leurs comportements», prévient Line Beauchamp. Avant de trancher, le gouvernement Charest soumettra quatre scénarios de réduction, entre 10 % et 20 % d'ici 2020, en commission parlementaire.

Peu importe la cible que Québec choisit, les Québécois sont et demeureront parmi ceux dont les émissions de GES par habitant sont les plus basses en Amérique du Nord. Dans cette optique, les efforts consentis seront plus importants que, par exemple, l'Ontario, qui misera sur la fermeture de centrales au charbon.

Si le gouvernement Charest tient tant à ce «défi titanesque», c'est qu'il est convaincu que le Québec sera ainsi aux premiers rangs de la mise en place «d'une nouvelle économie plus verte où nous serons moins dépendants du carbone et des hydrocarbures». Mais il tient à le faire de façon «responsable pour ne pas déstabiliser notre économie», a souligné la ministre Beauchamp.

Québec veut aussi éviter, dans le futur, d'éventuelles pénalités tarifaires imposées par certains pays aux États qui n'appliquent pas des mesures de réduction des GES.

Chose certaine, cette cible sera supérieure à la cible canadienne actuelle de réduction de 3 %, en 2020, par rapport aux émissions de 1990. «On va se donner notre propre cible [pour les négociations sur le climat de Copenhague], peu importe celle qu'adoptera le Canada», a assuré jeudi, en conférence de presse, la ministre de l'Environnement du Québec.

Pour y parvenir, le Québec établirait un système de plafonnement et d'échange (cap and trade) de crédits carbone, dès 2012, et augmenterait les redevances sur les hydrocarbures (ce qui permettrait, entre autres, de financer des initiatives de transport collectif). Le gouvernement est aussi en réflexion sur la possibilité de diminuer ses émissions en achetant des crédits à l'étranger.

L'État québécois pourrait ainsi aller chercher des revenus variant de 4,2 milliards $ à 15,3 milliards $, sur neuf ans. Québec mettrait ensuite en place des mesures pour compenser les ménages à faible revenu, comme la Colombie-Britannique et la France, avec sa taxe sur le carbone.

Changer de comportements

Malgré ces allégements fiscaux, Mme Beauchamp a servi une mise en garde : les Québécois devront changer de comportement. Québec les y incitera. L'utilisation de la voiture en solo sera pénalisée et l'utilisation des transports en commun, encouragée. Quant aux immeubles, tant résidentiels que commerciaux, ils devront améliorer leur efficacité énergétique.

Sinon, la facture pourrait représenter entre 237 $ et 804 $ par année pour un ménage qui a deux autos et chauffe au mazout, selon qu'on réduit de 10 % ou de 20 % les émissions de GES. L'effet sur le produit intérieur brut du Québec et les emplois, peu importe le scénario, serait toutefois négligeable.

C'est pour toutes ces raisons qu'il y aura une commission parlementaire, du 22 octobre au 4 novembre. Les quatre scénarios proposés de réduction sont : 10 %, soit la cible adoptée par les États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l'Est; 12 %, la cible du Western Climate Initiative; 15 %, la cible de l'Ontario, et 20 %, la cible de l'Union européenne.

«Une cible ambitieuse, pour moi, c'est une réduction de 20 %», a réagi Steven Guilbeault, le porte-parole d'Équiterre. «Mais au-delà des scénarios proposés, ça vient confirmer le sérieux de Québec dans sa démarche de lutte aux changements climatiques. À l'inverse, depuis trois ans, le gouvernement Harper a été incapable de faire de même...»

Réduction prévue pour 2020

> Canada: 3 %

> Nouvelle-Angleterre: 10 %

> Ontario: 15 %

> États-Unis: 18,5 %

> Union européenne: 20 %

> Japon: 25 %

> Angleterre: 34 %

 

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