Dans une entrevue exclusive à La Presse Canadienne, vendredi, en marge d'une conférence internationale sur les changements climatiques à laquelle il participe, M. Charest a été formel.
La lutte aux gaz à effet de serre (GES) ne servira donc pas de prétexte à renflouer les coffres de l'État.
«On n'a pas lié la question des finances publiques à l'environnement. Non, ce n'est pas lié», a-t-il soutenu, en disant qu'il s'agissait de deux enjeux différents.
Au lendemain de l'annonce par sa ministre du Développement durable, Line Beauchamp, d'une consultation sur les nouvelles cibles de réduction de GES que devra adopter le Québec, le premier ministre a par ailleurs dit que sa position n'était pas arrêtée.
Jeudi, la ministre a dit que le Québec viserait un objectif de réduction entre 10 et 20 % d'émissions de GES d'ici 2020, par rapport à 1990.
Vendredi, M. Charest, qui tient à ce que le Québec soit vu comme un leader dans la lutte aux changements climatiques, a laissé entendre qu'il ne s'agissait pas d'un absolu et que la cible du Québec, à compter de 2012 pourrait être inférieure ou supérieure aux scénarios évoqués.
«Il est possible qu'une autre cible ressorte [de la consultation] comme consensus et que le gouvernement arrête finalement sa décision sur une autre cible que ce qui a été présenté», a commenté M. Charest.
Pas encore d'engagement
Le premier ministre refuse de dire pour l'instant quel engagement, en termes d'objectifs, il est prêt à prendre pour que le Québec continue d'être considéré comme leader en ce domaine.
«Tout est possible», s'est-il contenté de dire, en ajoutant qu'il fallait tenir compte des conséquences sur l'économie.
Le Québec se prononcera avant la tenue de la conférence de Copenhague, qui fixera en décembre les cibles de l'après-Kyoto.
De nombreux experts s'entendent pour revendiquer une réduction d'au moins 25 % des émissions de GES d'ici 2020, à partir de l'année de référence 1990. Les pays d'Europe s'alignent autour d'un objectif de 20 %.
M. Charest fait valoir que le Québec a déjà beaucoup fait, ces dernières années, pour améliorer son bilan environnemental.
Coup de main à l'Algérie
Le premier ministre a fait ces commentaires en marge d'une rencontre avec le ministre de l'Aménagement du territoire de l'Algérie, Chérif Rahmani, venu discuter de l'aide apportée par le Québec à son pays.
Le Québec donnera un coup de main à l'Algérie pour mieux se prémunir contre les changements climatiques au cours des prochaines années.
Ce pays du Maghreb, au nord de l'Afrique, fait partie de ceux qui sont jugés particulièrement vulnérables à une hausse de la température mondiale, pouvant entraîner diverses catastrophes dont la désertification.
Initiative des Nations unies
La participation du Québec se situe dans le cadre d'un programme parrainé par l'ONU, à travers le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).
Il avait annoncé en juin, à Bruxelles, que le Québec allait se joindre à cette initiative qui vise, d'ici 2013, à prêter main-forte, en termes de partage d'expertise, à un pays en développement qui cherche à lutter contre les gaz à effet de serre (GES), mais il restait à choisir le pays à aider.
Après s'être entretenu avec un ministre du gouvernement algérien, le premier ministre Charest rencontre le gouverneur de la Californie et président de la deuxième Governors' Global Climate Summit, Arnold Schwarzenegger, avant de prononcer une conférence, en après-midi, à la fin des travaux.
La conférence internationale vise à tisser des liens entre les États, régions ou provinces qui luttent activement contre les changements climatiques.
Des leaders de quelque 70 pays y sont représentés.











