Le gazon comme nouveau combustible

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La matière première ne manque pas, rappelle l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec.

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Une usine voit le jour sur la Rive- Sud de Québec pour transformer en combustible les résidus organiques, comme le gazon, les boues d'épuration ou le fumier. Le projet servira à diminuer les gaz à effet de serre, affirment ses promoteurs.

Richard Painchaud, Président d'Innoventé Inc. (à gauche), fait... (CNW) - image 1.0

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Richard Painchaud, Président d'Innoventé Inc. (à gauche), fait visiter les installations de la compagnie à Jacques Gourde, secrétaire parlementaire du ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux et du ministre du Revenu national, et à Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord.

CNW

C'est à Saint-Patrice-de-Beau­rivage que la firme Innoventé aménage ses installations. Le président et seul actionnaire de l'entreprise, Richard Painchaud, consacre 2,3 millions $ à l'aventure. L'homme d'affaires peut compter sur un coup de pouce des deux paliers de gouvernement pour le démarrage.

L'Agence de l'efficacité énergétique du Québec y va d'une de ses plus importantes contributions pour son programme Technoclimat, en allongeant 3 millions $. Technologie de développement durable du Canada avance 2,6 millions $.

La compagnie se servira d'une techno­logie mise au point par les scientifiques d'un centre de recherche en agroenvironnement, le groupe IRDA. Le procédé consiste à prendre des résidus organiques pour en faire des granules par un système de séchage qui ne dégage pas de gaz à effet de serre. Les granules pourront être brûlées pour produire chaleur, énergie ou éthanol.

Le projet est écologiquement intéressant sur plusieurs plans. La matière première ne manque pas, rappelle la pdg de l'Agence, Luce Asselin : chaque année, au Québec, il se produit notamment 30 millions de tonnes de fumier; un million de tonnes de boues municipales; autant par les usines de pâtes et papiers; et deux millions de tonnes de compost.

En entrevue, Richard Painchaud rappelle qu'il est de plus en plus problématique d'épandre les rejets organiques dans les champs des agriculteurs. Les enfouir dans les dépotoirs, poursuit-il, n'est pas une solution puisqu'ils se transforment en méthane, un gaz contribuant au dérèglement du climat de la planète.

L'usine doit produire annuellement 7500 tonnes de granules. Ce combustible remplacera autant de tonnes de pétrole qu'utilisent autrement des installations industrielles.

15 millions $

La ministre québécoise des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a tenu à souligner une initiative qui crée «des emplois dans ce secteur d'avenir». Les perspectives de développement sont importantes, commente de son côté le président d'Innoventé. Compte tenu de la matière première, «de tels centres [de traitement de résidus organiques] peuvent se créer à tous les 100 kilomètres».

À terme, Innoventé veut bâtir une centrale pouvant générer cinq mégawatts, en utilisant ce que produira son usine. Le projet nécessiterait un investissement de 15 millions $. La compagnie pourrait s'inscrire en Bourse pour obtenir les fonds nécessaires en vue de vendre l'énergie à Hydro-Québec.

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