Les glaces ont atteint leur superficie minimale à la mi-septembre, avec 5,1 millions de km2. C'est 580?000 km2 de plus qu'en 2008 et 970 000 km2 de plus que le record absolu de 2007. Cette hausse ne signifie toutefois pas que le mouvement de la fonte des glaces se soit inversé, estime Josefino Comiso, l'expert du centre Goddard de la NASA.
«Il faut examiner les données sur plusieurs années pour déterminer les tendances à long terme. Or, les trois dernières décennies de surveillance continue par satellite démontrent un déclin rapide de 11,6 % par 10 ans», a souligné M. Comiso par voie de communiqué. La glace arctique a donc perdu un tiers de sa superficie depuis la fin des années 70.
Pendant l'été, les vents et les courants fractionnent la glace dans l'Arctique, et une bonne partie de celle-ci fond. L'augmentation de la quantité de glace fondue observée est créée par la conjugaison du réchauffement des eaux de l'océan Arctique et de la température ambiante, en raison des changements climatiques. Les pôles réagissent plus fortement à la hausse de la température mondiale que les régions proches de l'équateur.
Glace amincie
Une autre mesure de cette tendance se retrouve dans la mesure de la glace qui reste après l'été et qui atteint habituellement trois mètres d'épaisseur pendant les froides températures hivernales. Les mesures réalisées par la NASA entre 2004 et 2008 ont révélé que la glace qui recouvre l'océan Arctique a diminué de 0,68 mètre pendant cette période. Quant à la surface totale couverte par cette glace «permanente» qui a survécu à plus d'un été, elle a diminué de 42 %.
Ce phénomène est préoccupant, car la glace reflète les rayons du soleil dans l'atmosphère et contribue au maintien de la température. Sa fonte permet aux océans d'absorber plus de chaleur, avec des effets qui accéléreraient les changements climatiques, estiment les scientifiques.
Si la tendance se maintient, la banquise finira par disparaître, et sa faune caractéristique avec elle (ours blancs, narvals, phoques, etc.). Il y aura d'autres impacts géopolitiques et socioéconomiques, notamment en raison de l'ouverture du passage du Nord-Ouest et de la recherche d'hydrocarbures, qui sera facilitée.















