À la Ville, on reconnaît que Jean-Guy Turcotte n'avait pas de permis pour abattre les nombreux arbres du lot situé à l'arrière du chemin Forestier. Même si l'abattage est prohibé sur un terrain vacant, «il serait hasardeux, dans les circonstances, d'imposer une amende», a fait savoir Christian Brière, le directeur des communications.
Le promoteur a toutefois un permis pour du remblayage. «D'accord. Mais ça ne devrait pas dépasser deux mètres et j'ai cinq mètres de remblai à l'arrière de chez-nous», constate Mme Tremblay.
La vice-présidente de l'exécutif, Anne Ladouceur, et le service de l'urbanisme ont été prévenus dès avril. En juillet, la conseillère écrivait aux résidants pour les aviser que «les propriétaires du lot auraient reçu ou recevront sous peu une infraction pour la coupe d'arbres et les feux à ciel ouvert». La Ville a fait cesser les travaux, mais finalement sans pénaliser les propriétaires, qui n'envisagent pas de construire des maisons avant trois à cinq ans.
«Ce qu'on déplore, c'est que personne ne nous aide dans ce déboisement agressif. Ils sont au courant, mais ils ne font rien», déplore Mme Tremblay, qui a remis la correspondance échangée au Soleil. Même des représentations au conseil d'arrondissement, en août et en septembre, sont restées lettre morte. «On ne sait plus quoi faire, c'est pour ça qu'on s'adresse aux médias.»
La conseillère Ladouceur souligne qu'il s'agit d'un dossier de nature administrative, qui suit son cours, et non de nature politique. Elle ajoute avoir apporté toute l'aide à laquelle les citoyens étaient en droit de s'attendre et en a même saisi le service à la clientèle de Lévis - l'équivalent d'un ombudsman - afin qu'on révise les doléances des citoyens.
Mélanie Tremblay souligne que Lévis n'en est pas à sa première décision douteuse en la matière. Elle rappelle le boisé Saint-
Laurent, aussi à Saint-Nicolas, où des milliers arbres ont été abattus - légalement, toutefois -, au détriment d'un projet de quartier écologique. D'autres cas, moins importants, sont survenus ces dernières années : l'hôtel l'Oiselière (Saint-Nicolas, 2009), le parc de la Martinière (2008); le Domaine Baribeau (2004)...
Le Soleil n'a pu s'entretenir, jeudi, avec M. Turcotte.













