Officiellement, tant la Ville que l'armée rétorquent que les discussions se poursuivent. Étonnant puisque le contrat d'approvisionnement devait être approuvé par le conseil municipal fin 2008, début 2009... «On est en train de redéfinir l'entente», convient finalement, sans plus de détails, un des porte-parole de la Ville, François Moisan.
La fameuse «entente de principe» était pourtant si étoffée que Le Soleil révélait, durant l'été 2008, que Québec avait déjà investi dans l'infrastructure du réseau en devenir. La Ville améliorait alors la desserte de Val-Bélair, qui pompe une partie de son eau dans la nappe phréatique contaminée au trichloroéthylène (TCE) par la base. Elle avait profité de l'occasion pour surdimensionner la plomberie neuve en prévision d'un branchement avec les militaires. Des militaires qui requièrent 5000 mètres cubes d'eau lors d'une grosse journée - l'équivalent de la consommation de 5500 habitants.
Depuis, le maire de Québec a annoncé la fermeture de puits du secteur Val-Bélair; des traces de TCE y ont été décelées. L'eau captée est donc envoyée directement aux égouts. Une perte pour laquelle il exige compensation. L'armée réplique que la concentration de TCE n'est pas dommageable pour la santé. «M. Labeaume a déjà dit que ça faisait partie des éléments de discussion, admet un autre porte-parole de la Ville, Jaques Perron. Ce n'est pas un dossier qui doit se régler au détriment des contribuables.»
Il demeure que la Défense nationale ne veut plus gérer de puits, d'aqueduc. Au cours d'une rencontre avec Le Soleil au début 2008, feu la colonelle commandante Karen Ritchie rêvait même d'une connexion à la tuyauterie de la capitale au plus tard le printemps dernier. Cela aurait libéré des troupes : «Moi, je préfère avoir des soldats pour aller en Afghanistan.»
«L'intention de la Garnison est toujours de se débarrasser de la gestion de l'eau potable et de se brancher à la ville de Québec, commente maintenant l'officier des affaires publiques - environnement, Stéphan Boivin. La Défense est toujours en pourparlers avec la Ville pour un branchement éventuel.»
Pourtant, les dirigeants de la base militaire ont indiqué au maire et au Comité des citoyens de Shannon, la ville voisine, qu'ils songent creuser de nouveaux puits. «Pour un court ou moyen terme, il ne serait pas question [pour eux] de se brancher sur le réseau de la Ville de Québec», observe Clive Kiley.
Mais, chez M. Kiley, les travaux vont bon train. Fier de son nouveau réseau d'aqueduc presque complété, le maire a même offert de ravitailler l'armée qui peine à dénicher une source : «Est-ce que vous avez besoin d'un coup de main de Shannon? On est prêt à voir avec des hydrogéologues si c'est possible.» L'armée a pris acte.











