Selon des informations recueillies par Le Soleil, le gouvernement Charest n'ira pas jusqu'à 25 %, comme certains l'ont laissé entendre ces derniers jours. Il a par contre la volonté de se montrer beaucoup plus ambitieux que les États du Nord-Est américain, qui ont ciblé 10 % de réduction.
L'enjeu est important. Il s'agit, pour le Québec comme pour les autres, de travailler sur l'après-Kyoto, soit la période 2012-2020.
Plus tôt cet automne, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, avait soumis différentes cibles à des consultations publiques.
«On a fait notre choix : ce sera entre 15 % et 25 % de réduction», a confié une source gouvernementale, en précisant que ce serait, «si ce n'est pas 20 %, assez près de ce chiffre».
L'effort de près de 20 % que le gouvernement du Québec aurait accepté de consentir au nom des Québécois concernera chacun d'entre nous.
À terme, il se traduira par une hausse de la taxe verte sur l'essence et les autres hydrocarbures de près de 12 cents le litre.
«Plusieurs économistes, de façon indéniable, vont vous dire que plus quelque chose coûte cher, plus on fait attention à son utilisation», a déjà expliqué la ministre Beauchamp.
Par rapport à 1990, les États américains et les provinces membres du Western Climate Initiative ont une cible de 12 %, l'Ontario de 15 % et l'Union européenne de 20 %. Les États-Unis ont une cible de 18,5 % et le Japon, de 25 %.
Pour le Canada, Ottawa a fixé une cible de réduction de 3% seulement par rapport à 1990.
Nouveau système
En plus de l'augmentation de la redevance sur les hydrocarbures, le gouvernement Charest tablera également sur la création d'un système de plafonnement et d'échange de droits d'émissions de GES. Il s'agira d'aider les entreprises à atteindre la cible que Jean Charest devrait dévoiler dans quelques heures.
Des programmes d'aide à l'utilisation de technologies vertes et des mesures en matière d'efficacité énergétique seront également mis en place.
En raison des efforts déjà réalisés au Québec, le gouvernement Charest estime irréaliste de chercher pour l'instant à atteindre la fourchette inférieure de la proposition du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, qui est de stabiliser la hausse des températures par des réductions d'émissions de 25 % au moins. Mais il se dira prêt à bouger dans l'avenir si
ses partenaires économiques se montrent plus ambitieux qu'ils ne le sont actuellement.
La cible de 20 % retenue - ou tout près de celle-là - est celle que défendra le premier ministre Jean Charest au Sommet
de Copenhague.
«Ce qui sera dévoilé au cours des prochains jours sera parmi les cibles les plus ambitieuses en Amérique du Nord, a déclaré la ministre Beauchamp vendredi. Ce sera une cible qui pourra se comparer aux efforts faits à l'échelle du globe par ceux qui sont vus parmi les grands leaders.»
Le gouvernement Charest veut faire entendre sa voix à Copenhague, notamment lors du Sommet des leaders, qui se déroulera en marge de la grande rencontre internationale.
Le premier ministre québécois coprésidera le Sommet des leaders avec le premier ministre de l'Australie du Sud. Le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, sera présent à ce sommet regroupant des États fédérés de partout dans le monde.











