Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), 20 personnes au total ont été rapidement appréhendées par les policiers au cours de cette opération largement médiatisée. Les militants ont tout de même eu le temps de dérouler des banderoles appelant les politiciens canadiens à plus d'action dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Vers 7h, au matin, la GRC a appris que des militants étaient parvenus à se hisser sur le toit de l'édifice de l'Ouest et du bâtiment principal du Parlement.
«Dès que nous avons été mis au courant de la situation, nous avons immédiatement pris des actions pour en venir à une conclusion pacifique et s'assurer de la sécurité de tous», a indiqué le caporal Caroline Poulin en point de presse.
À leur arrivée au travail, plusieurs députés et fonctionnaires ont tout de même eu le temps de voir les environnementalistes, bien en vue au niveau du dernier étage mansardé de l'édifice de l'Ouest, déployer une banderole sur laquelle on pouvait lire: «Halte aux sables bitumineux/Stop the Oil Sands».
Une autre large enseigne visait spécifiquement le chef de l'opposition, Michael Ignatieff, et le premier ministre Stephen Harper, avec le slogan «Harper-Ignatieff: L'inaction climatique coûte des vies», en français et en anglais.
La GRC ne pouvait pas révéler à la presse comment les militants vêtus de combinaisons bleues et de casques d'escalade ont pu grimper sur les parois des édifices du Parlement en plein jour, alors que des voitures de police patrouillent la colline parlementaire sans interruption.
Accusations de méfaits
Les 19 grimpeurs et l'organisateur arrêtés seront vraisemblablement accusés de méfaits, tout dépendant des antécédents judiciaires de chacun, a confié Alain Boucher de la police d'Ottawa.
La directrice intérimaire de Greenpeace au Québec, Mélissa Filion, a tenu à réfuter les arguments souvent avancés par le ministre de l'Environnement Jim Prentice selon lesquels des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) trop contraignantes feraient du mal à l'économie du pays.
«Ça va coûter beaucoup plus cher de devoir s'adapter et de vivre les impacts et les conséquences des changements climatiques que, dès maintenant, de réduire nos émissions de gaz à effet de serre», a-t-elle noté.
À Copenhague, elle souhaiterait voir les pays s'entendre sur des cibles oscillant entre 25 et 40% de réduction des GES par rapport à 1990, d'ici 2020.
Ignatieff
Mme Filion a également expliqué que le groupe de militants a souhaité sur ses banderoles s'adresser au chef libéral (et pas seulement au premier ministre) puisque dans un contexte de gouvernement minoritaire, elle croit que Michael Ignatieff pourrait exercer davantage de pression sur les conservateurs.
«Le chef de l'opposition pourrait avoir beaucoup plus de leadership pour pousser Stephen Harper à s'engager dans des réductions de gaz à effet de serre qui sont scientifiques, contraignantes et ambitieuses», a-t-elle fait valoir.
M. Ignatieff a de son côté soutenu que Greenpeace avait tort de prendre les libéraux pour cible de la sorte.
«Je crois qu'ils ont fait une erreur. Ils n'ont pas regardé le leadership que nous avons montré sur le dossier environnemental depuis des années (...) Nous serions, si nous étions à Copenhague, des leaders et pas des lâcheurs», a-t-il affirmé en point de presse.
Selon lui, les Canadiens s'apprêtent à passer deux bien «tristes semaines» là-bas, puisque même si M. Harper s'y rendra, la chaise du pays restera vide, à son avis.
Selon un récent rapport de Greenpeace, les changements climatiques sont à l'origine de la mort de 300 000 personnes chaque année.











