Les États-Unis seront sous les feux de la rampe au moment des négociations. D'abord, parce que nos voisins du sud sont les deuxièmes plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) au monde, ensuite parce que les Américains n'ont pas ratifié le Protocole de Kyoto. L'élection de Barack Obama, (photo) sa décision d'être présent le dernier jour des négociations et l'annonce d'un objectif de réduction de 4% des GES en 2020 comparativement à 1990 suscitent de l'espoir. Cet objectif est modeste, il est vrai, mais le président doit composer avec un contexte politique intérieur explosif. Il s'agit aussi d'une position ? prudente ? de départ qui pourrait évoluer au cours des négociations. Et aussi d'une première. Jamais les États-Unis n'avaient fixé de cible de réduction.
Chine, Inde et Brésil
La Chine est devenue, depuis 2007, le plus important émetteur de GES... et ce n'est qu'un début. Le géant mondial a néanmoins ouvert son jeu lui aussi, offrant de réduire l'intensité de ses émissions de 40 % à 45 % d'ici 2020. Cet objectif est cohérent avec la responsabilité historique des pays occidentaux des émissions de GES. Avec des objectifs de réduction en intensité, les pays émergents peuvent à la fois se moderniser et poursuivre leur développement, tout en ralentissant sensiblement leur utilisation de combustibles fossiles. L'Inde et le Brésil compteront aussi pour beaucoup dans ce débat. L'Inde veut diminuer l'intensité de ses émissions de 20 % à 25 % d'ici 2020. Le Brésil veut réduire ses émissions absolues de 40% en ralentissant la déforestation de l'Amazonie. Le poids démographique des trois pays pourrait aider à la ratification d'un accord.
Union européenne
Les pays de l'Union européenne ont été à l'avant-garde des réductions de GES depuis Kyoto. Certains pays, comme la Suède, qui ont réduit leurs émissions de façon draconienne ont aussi connu une forte croissance économique, ce qui ajoute de la crédibilité à la position européenne. Celle-ci consiste en une réduction des GES de 20 % d'ici 2020, voire de 30 % si l'effort international est ambitieux. Son poids économique, politique, voire moral, sur le plan environnemental, pèsera lourd dans la balance.
Canada
Stephen Harper sera considéré avec beaucoup de suspicion lorsqu'il se présentera à la table de négociations. Le Canada a non seulement abandonné la poursuite de son objectif de réduction de Kyoto (ses émissions de GES ont explosé de 32 % en 15 ans), mais ses tentatives de sabotage des récentes négociations internationales sur le climat sont documentées. Deuxième émetteur au monde par habitant, son objectif de réduction de 3% en 2020 (comparé à 1990) est à des années-lumière de ceux des autres pays occidentaux. En fait, si le Québec (? 20%), l'Ontario (?15%) et la Colombie-Britannique (? 14%) respectent leur objectif de réduction pour 2020, le Canada réduirait globalement ses émissions de... 8,4%!
Australie et Japon
Les deux pays ont connu des changements de gouvernement qui ont modifié leur engagement envers la réduction d'émissions de GES. Récemment, le Japon a indiqué qu'il réduirait ses émissions de 25 % en 2020 par rapport à 1990 en cas «d'accord très ambitieux, avec la participation de tous les principaux pays». L'Australie, le plus grand émetteur par habitant, voulait présenter un effort ambitieux à Copenhague, mais le premier ministre Kevin Rudd (photo) va arriver les mains vides. Sa proposition de réduire de 5 % à 25 % par rapport à 2000, en fonction de la décision des autres pays, a été rejetée par le Sénat australien.












