Il s'agit des deux principales conclusions de la mission sur la mobilité durable conduite récemment par l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR), dont le rapport a été divulgué hier à un colloque sur la question.
La délégation d'une vingtaine de personnes, qui comprenait des représentants municipaux et du RTC, a visité Minneapolis, Seattle, Portland et San Francisco. Ces villes ont mis en place une diversité de moyens de transport qui répondent aux besoins des citoyens et respectent l'environnement.
La créativité de mise
Pour que les initiatives soient couronnées de succès, il faut impliquer la population dès le départ, disent-elles en choeur. Ensuite, il faut implanter, à long terme, des sources de financement diverses. La créativité est de mise. Ainsi, les villes taxent l'immatriculation, comme ici, mais imposent aussi les ventes, l'essence, la masse salariale, le stationnement et même la valeur foncière!
Dans ce dernier cas, le transport en commun précède la revitalisation d'un quartier délaissé, comme D'Estimauville, à Québec. La valeur des terrains et des propriétés augmente. Cette plus-value est ensuite taxée pour financer en partie le nouveau système de transport en commun. Ces quatre villes américaines ont d'autres points en commun. Elles misent notamment sur des plans de transport bien définis, basés sur des concepts de mobilité durable et conçus avec l'aide d'architectes et d'urbanistes. À Seattle, par exemple, la mobilité durable est prise en considération lors de chaque réfection de rue! Québec réfléchit justement à la question. Son comité déposera son plan de mobilité durable l'automne prochain.
Piétons et vélos
Autre caractéristique : piétons et vélos sont intégrés à part entière à la démarche et obtiennent une place sécuritaire sur les artères. De plus, la plupart des wagons et des autobus sont équipés de supports à vélo. En fait, le vélo est valorisé comme moyen de transport. «Il faut concevoir les rues pour les gens, pas pour les autos», soutient Timothy Papandreou, de l'agence de transports de San Francisco.
À ce chapitre, le cas de Minneapolis est particulièrement éclairant. Dans cette ville du Minnesota au climat semblable au nôtre, 3 % des déplacements se font à vélo (contre 1 % à Québec). Elle compte aussi sur un SLR entre l'aéroport et le centre-ville dont le mobilier urbain est conçu pour les rigueurs hivernales (abris chauffants, par exemple) et le conseil municipal étudie un éventuel retour du tramway.
Qualité des services
Soyons réalistes : personne ne prend le transport en commun pour des questions d'environnement, remarque Pierre Bouvier, directeur de la planification du RTC. Les quatre villes américaines accordent donc un souci constant à la qualité des services (propreté, modernité, confort, etc.). Et ça paye. À San Francisco, le SLR - un des 11 modes de transport - est financé à 70 % par les usagers.
C'est d'ailleurs ce qu'il faut retenir. Pour être attrayante, la mobilité durable ne doit pas se limiter à l'autobus. À chaque citoyen son mode de déplacement.











