Le bureau du premier ministre a même accusé l'environnementaliste Steven Guilbeault d'être à l'origine de ce canular, avant que le groupe Yes Men ne reconnaisse qu'il en était l'auteur. Lundi, un faux communiqué expédié à plusieurs journalistes a laissé croire momentanément que le Canada effectuait un virage à 180 degrés pour devenir un véritable champion de la lutte contre les gaz à effet de serre (GES). Selon ce communiqué, le gouvernement Harper s'engageait à réduire les émissions de GES de 40 % d'ici 2020, sous les niveaux de 1990.
La cible du gouvernement conservateur pour la même période est bien inférieure, à seulement 3 %, ce qui lui vaut actuellement un concert de critiques, tant sur la scène nationale qu'internationale.
On pouvait y lire de fausses déclarations du ministre de l'Environnement, Jim Prentice, selon lesquelles «personne ne profiterait d'un monde en péril» et que «le Canada avait choisi de montrer au reste de la planète qu'il est un leader en matière de lutte contre les changements climatiques».
Les auteurs de ce coup d'éclat ont poussé la blague plus loin, allant jusqu'à faire croire que la fausse nouvelle avait été publiée sur le site du Wall Street Journal, et en expédiant un autre communiqué de presse simulant une première réaction internationale. «Ce jour définira notre siècle», affirmait alors une porte-parole de la délégation de l'Ouganda à Copenhague, qui «célébrait la décision du Canada».
Semer la confusion
«Le but était de semer la confusion au sein du gouvernement canadien, qui a constitué une équipe spécialement chargée de donner une image positive à sa position dans ce débat, même si tout le monde sait que sa position est une farce», a déclaré un membre des Yes Men, Mike Bonanno.
Le bureau du premier ministre a d'Abord jeté de l'huile sur le feu en disant avoir été informé que le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault, était celui qui avait fomenté ce coup . Dans un courriel aux médias, le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, soutient que l'auteur du canular devrait se dévouer à jouer «un rôle constructif» plutôt que de perdre son temps à ourdir des mauvaises blagues. Soudas et Guilbeault ont par la suite eu une discussion animée dans les corridors du Bella Center, l'environnementaliste niant avec vigueur toute implication dans l'affaire.
Selon Guilbeault, Soudas l'avait pris à partie plus tôt dans la journée, en raison de ses critiques sur la position canadienne en matière de changement climatique. «Je n'ai rien à voir avec ça, ce n'est pas ma façon de travailler, a dit M. Guilbeault. Je suis surtout sidéré que le porte-parole du premier ministre se livre ainsi à des attaques personnelles parce qu'il n'aime pas ce que je dis.»










