Stoneham utilisera les fosses septiques pour son compost

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Les boues de fosses septiques seront récupérées, déshydratées... (Photothèque La Presse)

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Les boues de fosses septiques seront récupérées, déshydratées sur place puis serviront à un compost (photo) destiné à l'entretien des aménagements paysagers municipaux et aux plates-bandes des citoyens.

Photothèque La Presse

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) Stoneham et Tewkesbury ont trouvé une application novatrice et écologique à la maxime «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». Les boues de fosses septiques seront récupérées, déshydratées sur place puis serviront à un compost destiné à l'entretien des aménagements paysagers municipaux et aux plates-bandes des citoyens.

La municipalité se charge de la vidange des fosses septiques sur son territoire depuis 1994; près des deux tiers des quelque 3800 immeubles ne sont pas raccordés à l'usine municipale de traitement des eaux usées. Chaque année, 2000 tonnes de boues de fosses septiques prenaient le chemin de Québec pour être traitées, puis ensuite enfouies à Saint-Tite-des-Caps.

L'installation d'un centre de déshydratation et de compostage à l'usine municipale coûtera 677 000 $, mais la municipalité a obtenu une subvention du Fonds vert d'Ottawa. Les sommes économisées sur le transport et le traitement (70 000 $ par an) ainsi que l'achat de fertilisant (8000 $ par an) permettront d'économiser «à moyen terme», assure la directrice générale, Fabienne Mathieu.

Pour produire un compost de qualité horticole, Stoneham ajoutera une collecte de résidus organiques (on a réalisé un projet pilote auprès de 75 familles cet été). Les feuilles serviront aussi à la production de ce compost.

Le mélange des boues déshydratées avec les feuilles et les résidus organiques permettra au compost d'atteindre une température assez élevée pour éliminer les éléments pathogènes (salmonelle et compagnie). On procédera aussi à une analyse du produit final avant de le distribuer.

Les avantages environnementaux proviennent de la réduction de CO2 résultant du transport de ces matières (24 500 km/an) et de la réduction des GES émanant des méthodes d'élimination actuelles (incinération et enfouissement). L'utilisation locale du compost comme engrais naturel contribuera à protéger les nombreux lacs et cours d'eau du territoire en évitant l'utilisation d'engrais plus néfastes.

Cette initiative est aussi bénéfique pour les citoyens de Québec. Elle empêche l'écoulement de phosphore dans la rivière Huron, tributaire du lac Saint-Charles, une des sources d'eau potable de la Ville. Le phosphore favorise l'éclosion des cyanobactéries.

Le projet de valorisation des boues et les résultats du projet pilote de compostage domestique seront présentés à la population le 21 décembre.

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