D'abord imaginée dans la fin des années 50, cette idée a refait périodiquement surface depuis, notamment lors du sommet sur l'économie de 1996 et l'an dernier, dans une étude de l'Institut économique de Montréal (IEM). Mais on ferait mieux de l'oublier pour de bon, a plaidé mardi M. Lasserre au Château Frontenac, lors d'une conférence de l'Institut de recherche en politiques publiques.
«On entend parfois que l'on peut faire du profit avec l'exploitation de l'eau et que cela n'aura pas de conséquences fâcheuses sur l'environnement, mais c'est tout à fait fallacieux», a-t-il dit au Soleil.
«Ce n'est même pas certain qu'on puisse faire de l'argent avec ça parce que cela demanderait des investissements énormes. Donc, c'est une eau qui coûterait très cher, et comme l'essentiel de la demande vient du secteur agricole, qui paye son eau très peu cher grâce à des subventions, cela signifie qu'il n'y aurait pas vraiment de marché.»
En 2008, l'IEM calculait que l'exploitation de 10 % de l'eau douce renouvelable pourrait rapporter des milliards en redevances au trésor public sans nuire à l'environnement. Mais le problème, a rétorqué hier M. Lasserre, est que la taille du territoire québécois concentrerait vraisemblablement l'effort d'exploitation sur une poignée de rivières pas trop au nord, pour éviter de gonfler les coûts de transport. Et en ces endroits précis, la facture environnementale risquerait donc d'être très salée.
L'Institut est revenu à la charge l'été dernier en proposant de dévier trois rivières de la baie James vers la rivière des Outaouais pour produire de l'électricité et exporter le surplus d'eau vers les États-Unis.











