Pascal Bernatchez est titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l'Université du Québec à Rimouski.
Collaboration spéciale Carl Thériault
«Nous avons travaillé à l'analyse des aléas pour l'ensemble des Îles-de-la-Madeleine. Nous sommes aussi à évaluer comment les systèmes côtiers des Îles réagissent à la hausse constante du niveau marin et les ajustements qui seront à faire. On travaille aussi avec le ministère des Transports afin de savoir s'il faut aller de l'avant pour recharger en sable les plages avec les hausses appréhendées du niveau de la mer», explique Pascal Bernatchez, titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l'Université du Québec à Rimouski.
La chaire devrait publier, au plus tard au printemps 2011, une étude intégrée sur l'état du Saint-Laurent d'un territoire s'étendant sur 3500 kilomètres sur les deux rives de Québec à la Côte-Nord et en Gaspésie.
«Tout ce territoire a été marché, ce qui nous donne une très haute résolution des différentes situations et aussi un outil de base pour les municipalités concernant le développement et l'aménagement des territoires côtiers.»
Plus de 50 % des côtes sont sensibles à l'érosion dans la région maritime du Québec dû entre autres, à la hausse du niveau de la mer, à la fréquence des tempêtes, au régime des glaces, à la fréquence des cycles de gel et de dégel, aux redoux hivernaux et à l'avènement de pluies plus abondantes notamment en hiver.
Protection du littoral
Sept-Îles a reçu le feu gouvernemental pour son plan de protection du littoral. L'érosion des berges menace plus de 400 bâtiments et terrains dans ce territoire pour une facture qui pourrait atteindre les 50 millions $. L'enveloppe du gouvernement pour l'ensemble du Québec est de 27 millions $.
À Ragueneau, des travaux d'enrochement ont débuté sur une distance de près de neuf kilomètres totalisant 4,5 millions $, un coût partagé entre Transports Québec et la municipalité qui bénéficie de subventions. Près de 70 000 mètres cubes de pierre seront utilisés pour contenir les assauts du fleuve.
Aux Îles-de-la-Madeleine, la municipalité a adopté un plan directeur d'intervention contre l'érosion dont les coûts restent à être évalués mais des millions $ devront aussi être investis. Plus d'une vingtaine de secteurs sont menacés, dont celui de Cap-aux-Meules où sont concentrés 60 % des commerces et l'hôpital des Îles.
Routes à risque
Dans tout l'Est du Québec, plus d'une centaine de portions de routes sont considérées à risque pour un total de 109 kilomètres. Le niveau de la mer a augmenté de 40 centimètres depuis un siècle.
Les secteurs les plus à risque, où des interventions sont prévues, sont ceux de l'autoroute 20 près de Rivière-du-Loup et de la route 132, à Gros-Mornes et à Bonaventure, en Gaspésie. Au Bas-Saint-Laurent, dans le secteur entre Sainte-Flavie et Matane, 14 endroits où le fleuve est à proximité de la route 132 sont l'objet d'une surveillance particulière.
























