Performance environnementale: le Canada plonge au 46e rang

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Le Canada a récolté des notes abyssales (entre 9,3 et 33,3 sur 100) pour ses émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de composés volatiles (autre que le méthane) et d'ozone, de même que pour sa protection des environnements marins, ses émissions de gaz à effet de serre par habitant et sa production électrique qui repose lourdement sur les combustibles fossiles.

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Il n'est peut-être pas trop tard pour demander au Comité international olympique d'ajouter la «dégringolade verte» aux épreuves qui seront disputées à Vancouver... Le Canada, en tout cas, y ferait assurément bonne figure, puisqu'il a effectué un plongeon vertigineux dans le dernier Environmental Performance Index (EPI) calculé par l'Université Yale, passant du 12e rang en 2008 au 46e cette année.

Mis à jour aux deux ans, le EPI a eu une version «pilote» en 2006 où le Canada s'était classé huitième. Il a perdu quatre échelons, mais il avait tout de même maintenu une note finale très respectable de 86,6 sur 100. L'ex-«meilleur pays du monde», qui s'enorgueillissait d'être un modèle vert jusqu'à récemment, a depuis perdu plus de 20 points (66,4) et cédé 34 rangs, se trouvant maintenant derrière des pays comme le Mexique, la Roumanie et la Hongrie.

L'indice de Yale favorise pourtant les pays bien nantis, puisqu'il est en partie basé sur des indicateurs sanitaires comme l'accès et la qualité de l'eau potable, la pollution de l'air dans les logements. Le Canada a d'ailleurs obtenu des notes parfaites, ou presque, dans ces catégories. Mais il s'est aussi mérité des notes abyssales (entre 9,3 et 33,3 sur 100) pour ses émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de composés volatiles (autre que le méthane) et d'ozone, de même que pour sa protection des environnements marins, ses émissions de gaz à effet de serre par habitant et sa production électrique qui repose lourdement sur les combustibles fossiles.

Quatre champions

Notons que les chercheurs de Yale ont décerné quatre A cette année : à l'Islande (note finale de 93,5 %), à la Suisse (89,1 %), au Costa Rica (86,4 %) et la Suède (86,0 %). La Mauritanie, la République centrafricaine et la Sierra Leone ferment la marche - sept autres pays, tous très pauvres, ont obtenu des scores de moins de 40.

Ces résultats, et en particulier la dégringolade du Canada, ne sont guère surprenants, a commenté hier le professeur de science politique à l'Université Laval et spécialiste des politiques environnementales Jean Mercier. «Il y a d'autres classements environnementales récent où le Canada n'a pas fait bonne figure.» Un point faible, selon lui, est le secteur des transports, où «il y a des bonnes initiatives qui sont prises, mais en bout de ligne, on se ramasse toujours avec un nombre grandissant de voitures, donc le bilan se dégrade».

Pour plus d'info : epi.yale.edu

 

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