Le Québec a en effet envoyé l'équivalent de 88,3 millions de tonnes (Mt) de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère en 2007, contre 84,7 l'année précédente. Ces 3,6 mégatonnes supplémentaires provenaient essentiellement des transports (2,1 Mt); le chauffage résidentiel, commercial et institutionnel (0,9 Mt) et la production d'électricité (0,7 Mt) suivaient de loin.
Les émissions de 2007 se sont tout de même maintenues en deçà du sommet de 89,6 Mt d'équivalent CO2 atteint en 2003, mais elles n'en constituent pas moins une hausse de 5,6 % depuis 1990, année qui a servi de référence au Protocole de Kyoto. Rappelons que celui-ci donnait au Canada comme objectif de diminuer de 6 % ses émissions par rapport à 1990 avant 2008, puis de les maintenir sous ce seuil jusqu'en 2012.
Il est acquis que cet objectif sera raté, mais d'après Dave Leclerc, attaché de presse de la ministre du Développement durable, Line Beauchamp, les premières données disponibles pour 2008 suggèrent une baisse. Si bien que malgré la hausse de 2007, dit-il, le Québec devrait atteindre les 6 % de réduction d'ici 2012. Sa nouvelle cible de 20 % pour 2020 demeure elle aussi réalisable, croit M. Leclerc.
Meilleur bilan que les autres provinces
Le porte-parole fait par ailleurs remarquer que le bilan du Québec demeure le meilleur parmi les provinces canadiennes, avec des émissions équivalant à 11,5 tonnes de CO2 par habitant, contre 22,7 tonnes/hab. pour l'ensemble du Canada - avec des pointes de 72 et 70 tonnes/hab. en Saskatchewan et en Alberta.
Selon le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Belisle, la réduction de 6 % d'ici 2012 est un but atteignable «si tout va bien», mais les 20 % avant 2020 sont moins réalistes, selon lui. «Disons que ça va prendre un virage très important.»
Dans son dernier budget, dit-il, Québec a consacré environ 15 milliards $ à ses routes contre seulement 2 milliards $ au transport en commun, et «la province ne pourra pas inverser l'augmentation de ses émissions de GES en investissant sept fois plus dans le problème que dans la solution».
Les chiffres du dernier inventaire lui donnent en partie raison. Le transport routier y est clairement le principal «coupable» de l'accroissement des émissions de GES au Québec depuis 1990, mais c'est surtout à cause du plus grand nombre de camions légers (camionnettes et VUS inclus) et de véhicules lourds circulant sur nos routes.
Les voitures québécoises, elles, produisaient collectivement 7,5 % moins de GES en 2007 qu'en 1990, parce que les nouveaux modèles sont nettement moins énergivores.











