Les cyclistes d'hiver pédalent pour des voies réservées en ville

Une centaine de cyclistes de Montréal, de Québec,... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Une centaine de cyclistes de Montréal, de Québec, du Saguenay et de l'Est-du-Québec ont roulé entre 250 et 300 km jusqu'à l'Assemblée nationale pour réclâmer des pistes cyclables sécuritaires en hiver.

Le Soleil, Steve Deschênes

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) Depuis qu'il enfourche son vélo l'hiver, le comédien Emmanuel Bilodeau se sent mieux : «Ç'a changé ma vie. C'est une expérience sensorielle formidable.» Il est en bonne forme physique sans visites assidues au gym, débarque au boulot oxygéné et pollue moins.

Il a pédalé dans la gadoue, mercredi, avec un groupe d'une centaine de cyclistes de Montréal, de Québec, du Saguenay et de l'Est-du-Québec qui ont roulé entre 250 et 300 km jusqu'à l'Assemblée nationale.

Un total de plus ou moins 20 000 km en hiver pour demander aux élus de repenser le transport. Surtout pour souligner que la bicyclette dispute difficilement le bitume aux automobiles et aux camions. D'où la nécessité de voies réservées aux «deux roues» au coeur des agglomérations urbaines.

«Il y a des pistes cyclables aménagées, mais elles sont pour la promenade [loin du centre-ville]», note Tania Rifo De Haro, résidante de Québec d'origine argentine qui a pédalé en Beauce au cours des derniers jours. «On en voudrait plus en ville.» Le rêve? Des pistes déroulées entre les pôles de résidence, de travail et les services comme les hôpitaux, les bibliothèques, les écoles.

Sécurité en hiver

Le manque de tracés sécuritaires est «un gros frein» au cyclisme hivernal, enchaîne son ami Sébastien Lauzé. Selon eux, il est donc temps que Québec investisse dans le réseau : «Je pense qu'il y aurait vraiment beaucoup plus de cyclistes.»

«Il y a de plus en plus de vélo à l'année, mais ça prend une infrastructure», insiste l'organisateur de cette huitième virée annuelle en bicyclette, le directeur général d'Environnement Jeunesse (ENJEU), Jérôme Normand. Le gouvernement, qui s'affiche «vert», doit ainsi appuyer les municipalités pour qu'elles créent des circuits cyclables «utilitaires».

Présente pour accueillir les «manifestants» devant le parlement québécois, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs n'a pas voulu s'engager en ce sens. Line Beauchamp a déployé une certaine sensibilité devant les préoccupations exprimées, soulignant que l'aménagement de chaussées accueillantes pour les vélos ne coûtait pas nécessairement plus cher. Mais elle a rapidement repoussé le dossier, et la facture, vers le ministère des Transports et les mairies qui gèrent les routes et le déneigement.

Labeaume ne voit pas le besoin

Il y a peu, le maire de Québec a toutefois mis en doute la nécessité de dégager les pistes cyclables durant l'hiver. Régis Labeaume a assuré au Soleil qu'il n'imiterait pas Montréal - où 30 km sont déneigés - puisqu'il ne percevait pas de besoin : «J'aimerais voir le nombre de cyclistes qui pédalent en hiver. On me dit qu'il y en a des centaines, mais j'aimerais bien voir un petit sondage là-dessus.»

Au fait, si l'on veut tout de même se lancer dans la bouillie neigeuse sans le regretter, il nous faut quoi comme équipement? Jérôme Normand, d'ENJEU, a un faible pour le vélo hybride, chaussé de crampons, mais dont les pneus effilés fendent mieux la neige. Il faut toutefois prévoir un entretien régulier, car les produits d'épandage rongent les pièces. Côté habillement, c'est simple : multipliez les couches.

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