«C'est clair qu'on s'en va vers une électrification du transport en commun à Québec et ce sera beaucoup plus que les écolobus qui circulent dans le Vieux-Québec et les autobus hybrides que nous aurons. C'est l'approche que nous allons privilégier au cours des prochaines années», a affirmé, au cours d'une entrevue au Soleil, le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Raymond Dion.
Il appuie cette prédiction sur l'objectif de la Ville de Québec et du gouvernement du Québec de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % d'ici 2020 et sur le fait que la moitié des GES produits dans la région est le résultat des déplacements sur les routes. À cela, il ajoute la ferme volonté du maire Labeaume de faire de Québec la ville la plus attrayante, mais aussi la plus verte du pays.
«On pourrait même rêver que d'ici 2030, tout le réseau de transport en commun à Québec sera électrifié», a poursuivi celui qui était responsable du dossier de l'environnement au comité exécutif de la Ville avant les dernières élections.
M. Dion revient d'un voyage en France où il a visité les installations de transport en commun des villes de Bordeaux, de Lyon et de Montpellier, dans le contexte des travaux du comité sur la mobilité durable mis sur pied par le maire. Le conseiller du district de Loretteville s'est dit «inspiré» par les réseaux de tramways que ces trois villes ont mis en place au cours des dernières années. Il a été impressionné par l'«audace» des autorités bordelaises pour implanter un tramway.
«Il y a eu beaucoup d'audace du maire Alain Juppé avec le tramway et améliorer le transport en commun. Il y a aussi davantage de rues piétonnières, et on utilise beaucoup le vélo. C'est une très belle ville. Ils ont atteint leurs objectifs», a-t-il exprimé.
«Quand ils ont décidé d'y aller avec le tramway à Bordeaux, ils n'ont pas seulement refait la chaussée. Ils ont tout refait. Ils ont accordé des subventions aux propriétaires pour refaire les devantures des immeubles le long des lignes de tramways. Ils ont également fait une grande place publique devant l'hôtel de ville qui n'est pas accessible aux véhicules», a-t-il poursuivi.
Élément de compétition
Il a appris des autorités bordelaises que la venue d'une première ligne de tramways amène des résidants à en réclamer de nouvelles dans d'autres parties de la ville. «Il y a des craintes au début du projet, mais après, il y a un engouement. À Montpellier, on prévoit une troisième ligne en 2012», a raconté M. Dion.
On accorde beaucoup d'importance à la beauté du tramway. Le design de l'intérieur et de l'extérieur des wagons de la troisième ligne sera réalisé par le designer Christian Lacroix. «C'est quelque chose qui rend le projet plus acceptable. C'est beau, utilitaire et confortable», a résumé le président du RTC.
D'autre part, il a constaté que la qualité du service de transport en commun est devenue un élément de compétition entre les grandes villes françaises. Avant tout, Raymond Dion voit dans un transport en commun électrifié «un outil de première main quand on veut parler de développement durable».
Au cours des prochaines semaines, l'homme de confiance du maire Labeaume au RTC compte se rendre aux États-Unis, plus précisément à Portland en Oregon, à San Francisco et à Minneapolis, pour en savoir plus sur le service de tramway ou de train léger sur rail adapté à la réalité nord-américaine.











