Pollution sonore des autoroutes: la Ville cherche à réduire la facture

La principale énigme à résoudre entourant les écrans... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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La principale énigme à résoudre entourant les écrans antibruit le long des autoroutes reste néanmoins de déterminer à qui il revient de payer la note.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Régler une fois pour toutes les problèmes de pollution sonore à Québec coûterait au bas mot 67,3 millions $, selon les évaluations de la Ville. Refusant d'éponger une telle facture, l'administration Labeaume dit être à la recherche d'une solution moins coûteuse.

La politique de bruit routier du ministère des Transports prévoit la construction d'écrans antibruit le long des autoroutes où la pollution sonore dépasse le seuil des 65 dB. Seule condition : les municipalités doivent en faire la demande et payer la moitié de la note. Ce que Québec se refuse à faire.

Après avoir mené une série d'études dans les quatre principales «zones sensibles» sur son territoire, la Ville décidait en octobre 2007 de mettre fin à ses démarches pour construire des murs antibruit. Après tout, il en coûte de 1500 $ à 4500 $ par mètre pour construire de tels écrans. «À l'époque, on avait considéré que notre priorité, c'était plus la réfection de nos infrastructures», explique le vice-président du comité exécutif, François Picard.

Lors de la dernière campagne électorale, Équipe Labeaume s'est néanmoins engagée à trouver une solution moins coûteuse. La conseillère Michelle Morin-Doyle (Trait-Carré) est à étudier la possibilité d'implanter des écrans végétaux, une nouvelle technique expérimentée depuis cinq ans le long de l'autoroute des Laurentides, à Laval.

Il s'agit en fait d'ériger deux palissades distantes d'un mètre pour les remplir de terre et les couvrir de tiges de saules afin d'en améliorer l'esthétisme. «Ça peut être moins cher, mais ce qu'on ne connaît pas, c'est combien de temps ça dure», explique l'audiologiste Tony Leroux. Bref, l'économie sera-t-elle au rendez-vous si l'écran doit être refait fréquemment?

Qui doit payer?

La principale énigme à résoudre entourant les écrans antibruit reste néanmoins de déterminer à qui il revient de payer la note. Aux citoyens ayant acheté une résidence le long d'une autoroute? Aux Villes ayant permis de construire en bordure de ces axes routiers? Ou encore au gouvernement, puisque le problème origine des autoroutes que tous empruntent?

Pour Tony Leroux, la réponse n'est pas simple. Autant il comprend mal les citoyens achetant une résidence en bordure d'une bruyante autoroute, autant il juge irresponsables les Villes qui permettent la construction de logements près de ces axes routiers. Il souligne toutefois qu'en Europe, la notion de santé publique a pris le dessus. Plutôt que de renvoyer la balle dans le camp des Villes, les pays de l'Union européenne ont décidé de payer la note dans tous les secteurs où le bruit dépasse les 70 dB.

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