Au terme de ces deux journées d'audiences, le juge Gilles Blanchet de Rimouski devra déterminer s'il autorise ou non le recours collectif de 30 millions $ déposé en mai dernier contre le ministère des Transports (MTQ). Rappelons que, après des années à réclamer la construction d'un écran pour protéger leurs résidences du bruit routier, le médecin Charles Carrier, l'ancien directeur général des Nordiques Maurice Fillion et l'homme d'affaires Réal Maltais ont décidé de s'adresser aux tribunaux au nom des 1000 riverains de l'A-73.
Fait inusité, les trois hommes seront appelés à témoigner dès la première journée d'audience afin de déterminer en quoi ceux-ci sont bel et bien représentatifs du quartier. Dans leur demande, les requérants déplorent l'inaction du Ministère alors que les problèmes liés à la pollution sonore émanant de l'axe routier sont documentés depuis plus de 20 ans. Les trois hommes représentant les résidants du quartier ont acheté leur résidence entre 1968 et 1974, soit peu après la construction de l'autoroute en 1963. Ceux-ci mentionnent toutefois que les inconvénients liés au bruit routier ont commencé au début des années 1980 alors que le trafic s'est intensifié.
Obligés de crier
Depuis, la pollution sonore s'est encore accentuée. Les riverains disent devoir littéralement crier pour tenir une conversation à l'extérieur de leur résidence. Et même s'ils gardent les fenêtres de leur maison fermées en permanence, leur sommeil se trouve néanmoins perturbé par le bruit. Cette pollution sonore à laquelle ils disent être constamment exposés affecterait leur humeur, les rendant «agressifs et impatients».
Pour étayer sa cause, leur avocat, Me Michel Chabot, s'appuie en grande partie sur le jugement rendu contre Ciment St-Laurent. L'entreprise avait dû indemniser ses anciens voisins pour les troubles de voisinage occasionnés par sa présence dans un quartier résidentiel de Beauport. Celui-ci voit un parallèle direct avec le cas de cette autoroute bordant pas moins de 484 maisons unifamiliales et 12 immeubles à logements dans Charlesbourg.
Le groupe des riverains de l'autoroute Laurentienne réclame 30 000 $ par voisin de la route pour trois ans de désagrément. Comme environ 1000 personnes vivent dans la zone ciblée par le recours, la facture totale pourrait friser les 30 millions $.
Fait étonnant, la demande spécifie qu'au moins une quarantaine de résidences ont été vendues de 2005 à 2008.
Si la demande est reçue, elle ouvre la porte à plusieurs autres secteurs de la ville. Le Soleil révélait récemment qu'au moins quatre quartiers riverains d'autoroutes sont aux prises avec une pollution sonore au-delà du seuil des 55 dB fixé par le MTQ.
















