Fosses septiques: un compromis... et un vote reporté

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Les négociations de dernière minute entre Québec et la MRC de la Jacques-Cartier ont permis d'en arriver à un compromis, ouvrant la porte aux fosses septiques dans certaines circonstances. Sur la photo: Jacques Marcotte, préfet de la MRC Jacques-Cartier, et Régis Labeaume, maire de Québec.

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) La Ville de Québec accepte de mettre de l'eau dans son vin dans le débat sur les fosses septiques l'opposant aux banlieues nord. Mais malgré plusieurs assouplissements au moratoire, le vote a tout de même dû être repoussé au 5 juillet en raison de l'absence de Lévis à la table.

Après son altercation publique avec le maire Régis Labeaume voilà deux semaines, la mairesse Danielle Roy Marinelli n'a pu se présenter à la rencontre des élus de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) mardi midi. Vice-présidente du caucus des grandes villes à l'Union des municipalités du Québec, elle assistait à une rencontre toute la journée avec le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard.

En son absence, les élus de la CMQ ont donc convenu de repousser de deux semaines encore le vote sur le moratoire de 90 jours quant à la construction de résidences avec fosses septiques dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles. Ceux-ci ont tout de même débattu pendant environ une heure la résolution que souhaite faire adopter M. Labeaume pour protéger la principale prise d'eau de sa ville.

Même si le maire maintenait publiquement la ligne dure la veille, les négociations de dernière minute entre Québec et la MRC de La Jacques-Cartier ont permis d'en arriver à un compromis, ouvrant la porte aux fosses septiques dans certaines circonstances. Ainsi, les terrains situés le long de rues construites à plus de 75 % pourront être développés. Stoneham et Lac-Beauport établiront également une liste de propriétaires qui pourraient vivre des difficultés financières si on leur interdisait de se cons­truire. Jugeant les 330 noms soumis trop nombreux, Québec a demandé à ce que chacun soit justifié afin de réduire la liste à une soixantaine.

«On n'est pas fou, on ne veut pas mettre en péril les familles qui avaient projet de se construire», a justifié M. Labeaume. Ce dernier s'est défendu d'avoir enlevé tout son mordant au moratoire par ces assouplissements. «Il y a déjà 42 000 personnes sur ce territoire. Quand même on laisserait 60 ou 75 propriétaires se cons­truire, il faut être plus intelligent qu'orgueilleux et voir la finalité : qu'à l'avenir, il n'y en ait plus.»

Malgré ces assouplissements au moratoire, la MRC de La Jacques-Cartier demande toujours «de reconnaître les systèmes de traitement autonomes et les systèmes collectifs de traitement des eaux domestiques [...] comme une alternative valable au réseau d'égout sanitaire». Bref, que le moratoire ne tire pas un trait complet sur les fosses septiques.

Séance publique

Après être ressorti dans le rôle du «méchant» de la dernière rencontre de la CMQ, le maire Labeaume avait insisté pour que la séance de mardi se déroule en public. Le ton était nettement plus posé que voilà deux semaines malgré la division profonde qui demeure entre Québec et les banlieues nord.

La présentation de l'Association de protection de l'environnement du lac Saint-Charles ressemblait par moments à un interrogatoire judiciaire. Le maire Labeaume posait des questions pour démontrer à quel point l'avenir de la prise d'eau est préoccupant, tandis que le préfet Jac­­ques Marcotte contre-interrogeait pour prouver que l'eau était actuellement de bonne qualité.

 


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