«C'est vraiment une façon de faire au large qui assurera que l'approche de ces animaux soit faite de la bonne façon», dit-il, ajoutant que les scientifiques seront également assis à la même table que les croisiéristes. Pas question pour lui de mettre les bâtons dans les roues de ces entreprises : «Les croisières d'observation, réalisées dans le plus grand respect, sont de formidables activités familiales pour sensibiliser à la beauté et à la fragilité de notre planète», ajoute-t-il. Son voeu le plus cher est d'augmenter l'harmonie sur les eaux afin de garantir une vitrine sur cet écosystème exceptionnel, un souhait qui découle de sa récente nomination par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au poste d'ambassadeur honorifique de la Vague verte, un vaste mouvement planétaire pour la sensibilisation des jeunes à la biodiversité.
Fonds de recherche
M. Lemire insiste pour dire que son association était également conditionnelle à la création d'un fonds de recherche. Il confirme qu'il participera à différentes activités sur le terrain dont des croisières éducatives à l'automne.
Pour Nadia Ménard, biologiste au Parc marin, «l'étape marquante de l'amélioration du climat sur l'eau fut l'adoption d'une réglementation en 2002, quelque chose d'unique au Canada, mais maintenant on veut aller encore plus loin», souhaite-t-elle.
Même si ce projet de code d'éthique découle d'un partenariat entre Croisières AML, le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent (créé en 1998) et le Groupe de recherche sur les mammifères marins (GREMM), les autres croisiéristes ne resteront pas sur la touche. «AML et Jean Lemire ont été le catalyseur de la démarche, mais ce sont tous les détenteurs de permis qui seront invités à venir participer.» Il y a actuellement 59 détenteurs de permis, dont quelques-uns sont inactifs.
Le GREMM croit pour sa part que l'industrie s'est prise en main. Pour la porte-parole de l'organisme, Véronik de la Chenelière, «le règlement en place est très efficace, mais il touche aux comportements des bateaux en présence des mammifères marins. Et il y a des aspects qui ne peuvent être encadrés par des règlements, comme la courtoisie entre les capitaines ou encore le message que les naturalistes véhiculent», donne-t-elle en exemple.
Le président d'AML, Édouard Hamel, est celui qui a mis de l'avant cette idée de code d'éthique. «Nous ne sommes pas des sauvages au large et on ne l'a jamais été. Les gens sont là pour gagner leur vie. Pourtant, tout ce qui se dit, tout ce qui se fait est négatif. Il nous fallait un contrepoids. Si M. Lemire marche avec nous, et il en a vu d'autres, c'est parce que le Saint-Laurent est un endroit où l'observation des baleines se fait le mieux dans le monde», plaide-t-il.
Chez le Groupe Dufour, autre joueur important, on voit cette démarche d'un bon oeil. «Si on est invité à participer, on le fera. La collaboration entre les croisiéristes et notre volonté de faire mieux sur le plan écologique, les clients s'en aperçoivent», dit la porte-parole Sophie Brisson.










