Étouffé par les engrais agricoles et pour gazon, le lac Saint-Augustin a connu plusieurs éclosions de cyanobactéries au cours des dernières années. En plantant des hautes herbes et des arbustes le long des rives, ce surplus de nutriments devrait être capté au moins en partie avant d'arriver au lac, ce qui fera toujours ça de moins pour les algues bleues.
Selon le conseiller environnemental de la Ville de Saint-Augustin Réjean Fortin, de tels travaux ont déjà été effectués sur 24 terrains et 11 autres sont dans les cartables, sans compter quelques citoyens supplémentaires qui ont manifesté leur intérêt, mais qui ne se sont pas encore inscrits formellement. Comme le lac est ceinturé d'une centaine de propriétés, mais que certaines d'entre elles n'ont pas (ou peu) été déboisées, «on peut dire qu'environ la moitié des terrains qu'il était pertinent de revégétaliser l'ont déjà été ou le seront bientôt», se réjouit le biologiste.
En si peu de temps, il s'agit assurément d'un succès de participation, mais il faut aussi souligner que le programme est gratuit. La municipalité, en effet, paye la totalité des travaux pour restaurer les cinq premiers mètres, si bien que les citoyens n'ont qu'un coup de fil à passer pour enclencher le processus. Le coût total du programme devrait tourner autour de 50 000 à 60 000 $.
Alors, qu'est-ce qui bloque l'autre moitié des riverains? Selon M. Fortin, plusieurs résidences sont en fait des chalets où les propriétaires ne passent pas beaucoup de temps, ce qui les rend difficiles à joindre. Mais il y a aussi des réfractaires qui ne veulent pas perdre la vue qu'ils ont sur le lac, ou pour qui le geste revient à condamner une bande de leur terrain, déplore Nicolas Geoffroy, un riverain qui a lui-même fait revégétaliser sa partie de berge, auparavant entièrement gazonnée, il y a un mois.
«Si je pensais juste à la vue, je n'aurais pas fait mettre d'arbres, mais je me dis que le jour où il n'y aura plus de lac, il n'y aura plus de vue de toute façon», explique M. Geoffroy, un des musiciens du groupe Mauvais Sort et membre du C. A. du Conseil de bassin versant du lac Saint-Augustin (CBVLSA).
Selon M. Fortin, les herbes et les arbustes que la Ville plante ne dépassent pas beaucoup un mètre de haut et ne devraient pas voiler la vue sur le lac. Incidemment, lors du passage du Soleil chez M. Geoffroy, la hauteur des plantations était inférieure à celle des quenouilles qui croissent là «naturellement» ce qui est un bien grand mot, car la profusion des quenouilles à cet endroit s'explique en bonne partie par la pollution.
Pour Steven Ross, président du CBVLSA, les résultats obtenus cet été sont «un bon succès et on espère que le programme va continuer l'an prochain».











