Percé: oui aux bateaux, mais pas n'importe lesquels

Le Rt. Hon. Paul J. Martin est notamment... (Photo Jean-François Gagné)

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Le Rt. Hon. Paul J. Martin est notamment passé à Percé le 27 juin, en revenant de Belledune, où il avait déchargé du charbon.  

Photo Jean-François Gagné

 

Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Percé) La direction du parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé et le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie exigent que Transports Canada limite le passage des navires marchands entre l'île Bonaventure et la péninsule pour éviter un éventuel désastre écologique.

Le secteur touristique de Percé a fait des efforts depuis deux ans pour que les paquebots passent entre l'île Bonaventure et le rocher Percé, mais les navires transportant des marchandises ne sont pas bienvenus dans ce secteur.

 

Des navires chargés du charbon et de bois de l'île d'Anticosti ont été photographiés régulièrement cette année alors qu'ils passaient entre l'île et la terre ferme. Au moins deux vraquiers de la Canada Steamship Lines, dont le Rt. Hon. Paul J. Martin le 27 juin, ont emprunté cette voie. Lundi, la barge Sault-au-Cochon, venant d'Anticosti, y est passée avec un remorqueur.

 

Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie a écrit une première lettre réclamant que Transports Canada y interdise le passage de navires marchands le 26 novembre, invoquant notamment la nécessité de protéger le homard, un important gagne-pain à Percé.

 

La direction du parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé a aussi écrit à Transports Canada le 10 décembre pour réclamer ces restrictions.

 

«Pourquoi courir le risque? Le rocher et l'île sont au coeur d'un parc national. Il y a des colonies d'oiseaux, une fragilité du milieu. [...] Si un navire chargé de pétrole passait, s'il éprouvait des ennuis mécaniques ou s'il frappait une tempête, on aurait un sérieux problème», précise Rémi Plourde, directeur du parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.

 

Marie-Anick Côté, de Transports Canada, dit que son ministère peut procéder à trois interventions en pareil cas, à savoir instaurer des mesures volontaires, émettre un avis à la navigation ou changer la réglementation, un stade nécessitant une requête officielle venant d'une municipalité ou d'une MRC.

 

«Nous sommes entrés en contact avec l'Association des armateurs du Saint-Laurent pour mettre en place des mesures volontaires afin de contourner ce passage», note Mme Côté.

 

La direction de Transports Canada avait l'impression que le problème était réglé depuis le début de 2010. Informée du passage de navires de la Canada Steamship Lines en mai et en juin et de barges de McKeil Marine lundi, Marie-Anick Côté dit que son ministère pourrait réitérer la demande de mesures volontaires, puis émettre un avis à la navigation, le deuxième stade d'intervention.

 

Rémi Plourde veut plus; il contactera «la Ville de Percé pour une demande de restriction maritime dans le secteur de Percé», sauf pour les paquebots.

 

Sylvie Lafleur, porte-parole de la Canada Steamship Lines, assure que «si les navires sont passés, c'est parce que c'est permis».

 

Le Rt. Hon. Paul J. Martin a intrigué des observateurs le 27 juin, de bonnes quantités d'eau semblant sortir des écoutilles. Il était chargé de charbon la veille.

 

«Le bateau remplissait ses réservoirs de ballast avec de l'eau salée tel que requis par la voie maritime avant de revenir dans la région des Grands Lacs. L'eau qui coule est le surplus à la fin de l'opération», note Mme Lafleur.

 

 


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