La dernière fois qu'il a fait aussi chaud à Québec en juillet, Maurice Duplessis était premier ministre. «Et nous venons aussi de connaître le mois de juillet le plus sec depuis 1946», explique Gilles Coulombe, porte-parole d'Environnement Canada. La température moyenne des 30 derniers jours a été de 21,8 degrés. C'est 2,6 degrés de plus que la normale, qui se situe à 19,2. Au chapitre des précipitations, l'écart avec la moyenne apparaît encore plus grand. Il n'est tombé qu'un mince 48,8 millimètres de pluie depuis un mois alors que la normale est de 127,8, continue M. Coulombe.
Environnement Canada n'est pas en mesure de faire des prédictions pour l'ensemble du mois d'août, seulement pour la prochaine semaine et demie, qui risque fort d'être ensoleillée. «Pour les 10 prochains jours, il y a des possibilités de pluie uniquement mardi, où il pourrait en tomber environ 10 mm», ajoute M. Coulombe.
Bien au fait de la situation, la Ville de Québec a publié jeudi matin un avis d'interdiction d'arroser pour l'ensemble de l'agglomération. C'est qu'en vertu du temps chaud et sec qui règne depuis plusieurs semaines, le niveau d'eau du réservoir du lac Saint-Charles, principale source d'approvisionnement de l'usine de traitement des eaux de Québec, continue de baisser. «Le niveau descend et vient d'atteindre un seuil d'alerte qui nous oblige à restreindre la consommation», expose Jacques Perron, porte-parole à la Ville de Québec. «La situation n'est pas encore critique, mais on ne veut prendre aucun risque parce qu'il pourrait continuer à faire chaud.»
Le niveau d'eau inquiète
De mémoire, enchaîne M. Perron, c'est la première fois que la Ville décrète une interdiction d'arroser aussi tôt dans la saison. Mais il ne met pas en cause la consommation des citoyens. «La consommation au début de la saison a été correcte, mais comme il ne pleut pas, le lac ne se recharge pas.»
Le réservoir du lac Saint-Charles fournit de l'eau potable à 250 000 citoyens de l'agglomération de Québec, soit près de la moitié de la population. Le fleuve Saint-Laurent, où s'approvisionne l'usine de Sainte-Foy, est la source d'eau d'environ 100 000 personnes. La chute Montmorency, qui alimente les usines de Charlesbourg et de Beauport, offre pour sa part de l'eau à presque 200 000 personnes.
Même si les niveaux d'eau du fleuve et des chutes ne pose pas de problème, l'interdiction a été décrétée pour l'ensemble de l'agglomération, ajoute M. Perron. «Parce que c'est le même réseau global qui alimente toutes les villes de l'agglomération.»
C'est la première fois depuis 2002 que la Ville doit interdire l'arrosage dans l'ensemble de l'agglomération. Il avait fait si chaud cet été-là que la Ville avait même cessé pour un temps de nettoyer ses autobus et demandé aux citoyens d'emboîter le pas en évitant de fréquenter les lave-autos. «Mais en 2002, on n'avait dû décréter cette interdiction qu'à la mi-août», dit M. Perron.
L'avis d'interdiction ne sera pas levé avant le retour de précipitations permettant de relever le niveau du réservoir du lac Saint-Charles, dit M. Perron. «On demande la collaboration de la population. Tout le monde est gagnant à respecter les interdictions. Avoir un gazon un peu jaune est un moindre mal par rapport à un manque d'eau éventuel.»
Des amendes de 150$ à 1000$ sont prévues pour les citoyens qui ne respecteront pas l'avis d'interdiction d'arroser. Les récidivistes écoperont d'amendes oscillant entre 300$ et 2000$.
Activités non autorisées
? Arrosage des pelouses, tant manuellement qu'avec un système d'arrosage automatique
? Lavage des véhicules
? Nettoyage des stationnements
? Remplissage des piscines
Activités autorisées
? Arrosage manuel des potagers, des jardins, des boîtes à fleurs, des plates-bandes, des arbustes, et le remplissage des piscines à hauteur de 30 cm d'eau dans la partie la moins profonde













