Le maire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin, a reconnu que pour le moment, le tiers de l'eau consommée sur son territoire provient de l'usine d'eau potable de sa voisine. Les deux captations souterraines de sa municipalité ne fournissent pas à la tâche en raison de la sécheresse.
«Beaupré nous est d'une aide prioritaire pour le moment, a confirmé M. Fortin. Cette situation est exceptionnelle pour nous.»
Aux prises avec ce problème, la Ville a dû interdire à ses citoyens, depuis la fin juin, d'utiliser l'eau pour une foule d'activités extérieures, que ce soit arroser le gazon, remplir des piscines, nettoyer l'asphalte de son entrée et laver son automobile. Toute personne qui enfreint cette directive est passible d'une amende de 500 $.
La situation est assez critique pour que la Ville ait demandé aux Pères rédemptoristes de couper, depuis le début juillet, l'alimentation en eau du terrain de camping situé tout juste devant la basilique, de l'autre côté de la route 138. Ce service d'alimentation en eau était offert depuis plusieurs années et était apprécié des nombreux vacanciers qui utilisent ce camping très populaire, notamment durant la neuvaine de Sainte-Anne. Le terrain appartient aux Rédemptoristes.
Mécontentement au camping
«Les gens chialent», a reconnu le père rédemptoriste Jean Bélisle. «La Ville nous a demandé de couper l'eau sur le terrain et nous les avons écoutés. Les gens pensent que c'est nous qui avons pris cette décision, mais ce n'est pas nous. Il y a des gens qui étaient tellement mécontents qu'ils ont menacé de ne pas verser la contribution volontaire pour l'utilisation du terrain de camping.»
Le maire Fortin indique que la Ville a pris cette décision pour une question d'équité envers les contribuables de sa municipalité. «On demande beaucoup à nos citoyens cet été, alors je me serais senti mal de fournir de l'eau au camping, à des gens qui ne paient pas de taxes ici.»
Le maire reconnaît que la Ville devra trouver une solution permanente afin d'éviter une nouvelle conjoncture du genre l'été prochain. Après le drame de Walkerton, en Ontario, au début des années 2000, M. Fortin avance que le gouvernement provincial avait sommé Sainte-Anne-de-Beaupré de se mettre aux normes en ce qui a trait à son alimentation en eau potable. Les deux captations d'eau souterraines se trouvent en territoire agricole et elles sont considérées comme vulnérables en raison des risques de contamination.
«Nous testons notre eau tous les jours et elle est de bonne qualité, avance M. Fortin. Les agriculteurs font attention pour protéger nos captations, mais elles sont quand même jugées vulnérables. Depuis 2002, le dossier de l'eau potable stagne au ministère des Affaires municipales. Nous espérons trouver une solution définitive à l'automne.»
Deux options s'offrent à cette municipalité. Elle pourrait construire sa propre usine d'eau potable le long de la rivière aux Chiens ou participer à l'agrandissement de l'usine d'eau de Beaupré et ainsi s'y alimenter. Cette infrastructure a été construite il y a moins de deux ans et le provincial y a participé financièrement.
«Nous allons étudier les deux options et choisir celle qui est la meilleure pour nous, a indiqué M. Fortin. Le ministère des Affaires municipales aura aussi un rôle important là-dedans en ce qui a trait au financement du projet.»























