Jeudi matin, le journaliste du Soleil s'est rendu au parc afin de voir les petites bêtes de ses propres yeux. En moins de quelques secondes, il a aperçu deux souris qui tentaient tant bien que mal de se cacher parmi les fleurs. Quelques instants plus tard, un rat traversait une allée pour se rendre dans une des nombreuses plates-bandes du parc.
En après-midi, le journaliste a fait le même exercice, et il lui a été facile de voir quelques rats, dont certains tout blancs aux yeux rouges.
Un couple de Saint-Jean-Port-Joli en visite à Québec était tellement dégoûté de la présence de ces petits rongeurs qu'il a décidé de quitter le parc immédiatement après avoir terminé l'entrevue avec Le Soleil. D'ailleurs, pendant l'entrevue, un rat est apparu à quelques dizaines de pieds, à proximité d'un banc.
«C'est vraiment dégueulasse, a lancé Richard Dubreuil. C'est vraiment surprenant de voir cela, car c'est tellement un beau parc ici. Vous venez de me convaincre, je crois qu'on va s'en aller.»
Le porte-parole de la Ville de Québec, François Moisan, reconnaît que la présence de ces rongeurs a été signalée à la Ville au début de l'été. Une première évaluation sommaire faisait état de la présence d'un total de 20 à 25 rats.
Selon M. Moisan, des trappes à rat ont été installées au début de l'été partout dans le parc afin d'en capturer le plus possible. De plus, deux boîtes sécuritaires contenant du poison à rat ont aussi été placées le long du bâtiment qu'on trouve sur le parc et où on peut notamment aller aux toilettes.
Ces boîtes sont conçues pour que seuls les rats puissent y entrer et avoir accès au poison, ce qui protège les chiens, les chats et les enfants. Certaines haies ont aussi été déracinées afin de priver les rongeurs d'endroits où se cacher.
Trappes volées
«La première fois, les trappes et les boîtes sécuritaires n'ont pas duré 12 heures, car elles ont été volées», explique Frédéric Demers, le gérant de l'entreprise chargée d'éliminer les rats dans le parc, Exterminateurs du Québec.
«Nous avons ensuite replacé de nouvelles trappes dans le parc, mais elles ont encore été volées durant l'été. Présentement, je crois qu'il n'y a plus une seule trappe sur le site.»
Les trappes et les boîtes contenant du poison ont permis de capturer et de tuer une vingtaine de rats, mais le problème est loin d'être éliminé. Les rats se reproduisent très rapidement; une femelle a besoin d'une période de gestation de 21 jours pour mettre au monde une portée de 8 à 12 petits.
Selon M. Moisan, il semble que ce soient des citoyens qui aient amené les rats dans le parc, tout au début de l'été. L'analyse des bêtes capturées démontre qu'il s'agit de rats domestiques, et non de rats d'égouts.
«Nous avons aussi trouvé de la nourriture qui semblait avoir été laissée pour les rats», explique le relationniste. Pendant l'entrevue avec le porte-parole, il a d'ailleurs été permis de voir au moins deux rats qui se déplaçaient dans le parc, à travers les fleurs.
M. Moisan confirme que l'exterminateur va lancer une deuxième opération d'extermination dès mardi de la semaine prochaine. «Nous allons assurer un suivi quotidien de cette opération», assure M. Demers.
«On veut régler le problème le plus rapidement possible», a pour sa part ajouté M. Moisan. «On veut que les gens soient à l'aise quand ils viennent à ce parc. Si cette deuxième tentative ne porte pas fruit, nous allons réévaluer la situation, car nous souhaitons éliminer ces rats de façon définitive.»



















