«Le temps où la question de l'eau potable faisait ombrage à notre municipalité est révolu», se réjouissait mardi le maire, Clive Kiley, en procédant à l'inauguration officielle du nouveau système.
L'eau de la municipalité provient maintenant de deux sources souterraines, situées sur la rive nord de la Jacques-Cartier, à 3,5 kilomètres de la route, en forêt. Il s'agit d'une nappe captive, isolée de la contamination qui s'est répandue sur la rive opposée.
Auparavant, chaque foyer de Shannon possédait son propre puits artésien. La découverte, en 2000, d'un panache de contamination au trichloroéthylène (TCE) a mis fin à cette pratique pour une bonne partie des citoyens.
Le maire a rappelé, mardi, les intenses négociations qui ont permis l'aménagement, en trois phases successives, du réseau d'aqueduc actuel, payé entièrement par Ottawa, pour 35,8 millions $, et qui s'est approvisionné jusqu'ici à partir de la base militaire.
Le maire a précisé qu'à peu près 2400 personnes sont branchées sur le réseau, sur une population d'environ 4500 âmes. Il faut savoir que 1000 personnes environ vivent sur la base militaire. Il reste donc encore quelque 400 puits artésiens personnels dans la municipalité. Des tests sont faits chaque année sur un échantillon de 40 puits afin de s'assurer qu'ils ne sont pas contaminés, précise le maire.
Pas rassurée
Ce n'est cependant pas encore suffisant pour rassurer Diane Michaud, qui habite aux limites ouest de Shannon. «Avant de dire que tout est réglé, il y a une marge. J'ai encore un puits et ils ne sont venus qu'une fois prendre des mesures chez moi. Ça manque encore de transparence, tout ça. Moi, je ne serai pas rassurée tant que le sol n'aura pas été décontaminé.»
La maison d'Antoine Deschênes, sur la rue Birch, avait été épargnée par la contamination , mais il a néanmoins dû se raccorder au réseau. Plutôt que de boire l'eau de la base militaire, il préférait l'acheter. «À partir d'aujourd'hui, dit-il, ce n'est plus nécessaire...»
La contamination n'a par ailleurs pas empêché la construction de 70 nouvelles maisons par année, en moyenne, depuis l'an 2000. Ça représente l'arrivée d'environ 1400 citoyens de plus pendant cette période. Shannon se classe d'ailleurs parmi les 30 municipalités ayant l'indice de développement le plus élevé au Québec, souligne le maire.
























