Baltej Singh Dhillom, un Sikh, le premier policier de la GRC à porter un turbanPresse canadienne
Louis-Guy Lemieux(Québec) Le 15 mars 1990, dix ans après l'adoption de la Loi canadienne sur les droits de la personne, les policiers de la GRC de religion sikhe obtiennent enfin le droit de porter leur turban distinctif dans le cadre de leur travail.
Pour mieux faire passer cette décision qui suscite une large opposition dans la population, le solliciteur général du Canada, Pierre Cadieux, signale que cette ouverture s'inscrit dans la politique multiculturelle d'Ottawa. Le port du turban est déjà autorisé dans les Forces armées canadiennes.
Rappelons que les Canadiens de religion sikhe, hindouiste et boudhiste représentent environ 3 % de la population totale, selon les chiffres de Statistique Canada. Le nombre de citoyens sikhs ne dépasse pas le chiffre de 300 000. Ils vivent en Colombie-Britannique et en Ontario pour la plupart.
Les Canadiens en général regardent de travers les policiers en turban. En Alberta, l'opposition est bruyante. Notons que le port du turban chez les hommes et du foulard pour les femmes joue un rôle clé dans la religion sikhe.
Au Québec, on retrouve la même résistance au port du turban par les policiers de la GRC. Un sondage de la firme SOM réalisé pour La Presse et Le Soleil, en octobre 2007, indique que 80 % de la population se dit contre le turban. Ce sondage coïncide avec les audiences de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.
Dans le même sondage, les Québécois se déclarent d'ailleurs majoritairement hostiles à l'idée d'accommoder les minorités, que ce soit pour le port de signes religieux ou pour l'installation de lieux de prières. La population des 18 à 24 ans, se montre cependant deux fois plus ouverte aux accommodements que les aînés.
Un autre sondage montréalais datant de la période de l'adoption de la loi légalisant le turban dans la GRC montre que les sikhs sont la minorité visible la plus mal aimée après les Noirs. À noter que 85 % des répondants avouent ne connaître les sikhs que très peu ou pas du tout.
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