Clôture du sommet économique de Montebello. De gauche à droite; Ronald Reagan, Pierre Trudeau, François Mitterand et Margaret Thatcher.Photo Michel Gravel, La Presse, le 21 juillet 1981
Louis-Guy Lemieux(Québec) Une date marquante dans l'histoire contemporaine de la France. Le 10 mai 1981, François Mitterand est élu président de la République. La gauche socialiste prend le pouvoir.
La moitié de la France est en liesse. À Paris, une foule bruyante envahit la place de la Bastille et fait la fête toute la nuit.
Le premier geste officiel du nouveau président est de rendre, au cours d'une cérémonie au Panthéon, un hommage solennel à Jean Jaurès, le grand leader socialiste assassiné, et à Jean Moulin, un chef de la Résistance mort dans les prisons de la Gestapo.
Porté par un « état de grâce », selon ses propres termes, François Mitterand entame un « règne » de 14 ans, comparable par sa durée à ceux de Henry IV, de Louis-Philippe et de... Napoléon premier, notent les historiens.
Mitterand avait tenté deux fois sans succès d'accéder à la présidence de la République, en 1965 face au général de Gaulle et en 1974 face à Valéry Giscard d'Estaing, le président sortant. Après l'euphorie de la victoire, Mitterand et les socialistes devront faire l'apprentissage du pouvoir et se débarasser, disent les observateurs, des « archaïsmes » que traîne le parti socialiste. Pour sa part, le Parti communiste français, incapable de s'adapter à l'évolution des techniques et des murs, devient marginal.
De la très longue présidence de François Mitterand, l'opinion publique retiendra surtout l'abolition de la peine de mort en octobre 1981. L'Histoire, elle a la mémoire plus vaste. Ceux qui l'écrivent mettent en évidence la conversion de la gauche à l'économie de marché et la décision de demeurer dans le SME (Système monétaire européen). On se souvient en outre du soutien au déploiement des fusées Pershing en Allemagne, en riposte à la menace soviétique.
Le double septennat de François Mitterand se termine dans un climat maussade et dans la désillusion. À gauche comme à droite, son départ est accueilli avec soulagement.
Une décennie plus tard, l'opinion publique française, probablement dépitée par la présidence de Jacques Chirac, fera de l'ancien président socialiste l'une de ses personnalités préférées dans les sondages.
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