Claude Castonguay en 2008Photothèque La Presse
Louis-Guy Lemieux(Québec) La « castonguette ». Les Québécois la découvrent il y aura bientôt 40 ans et la nomment spontanément du nom du ministre de la Santé de l'époque. Ils ne peuvent plus se passer de cette petite carte de plastique magique qui fait clic-clac et qu'on appelle aussi la carte soleil.
Nous sommes le 1er novembre 1970. Claude Castonguay, ministre de la Santé dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa, annonce haut et fort l'entrée en vigueur du régime universel d'assurance-maladie.
Dorénavant, tous les citoyens du Québec ont accès gratuitement à la plupart des soins de santé. Une véritable révolution. À noter que les médecins et les professionnels du milieu de la santé ont offert une vive résistance au changement.
Dès 1966, en pleine « révolution tranquille », le gouvernement Lesage avait nommé M. Castonguay, un actuaire de formation, président de la Commission d'enquête Castonguay-Nepveu qui produira un rapport dérangeant sur la situation des soins de santé et des service sociaux, à l'époque sous le contrôle du clergé.
La commission recommande l'instauration d'une nouvelle politique d'assurance-maladie, un nouveau réseau de santé ainsi qu'un nouveau réseau de cliniques de services sociaux (les CLSC d'aujourd'hui).
Pour réaliser sa réforme, le gouvernement Bourassa nomme Claude Castonguay ministre de la Santé dès le 12 mai 1970. Afin de terminer le travail, il sera ministre des Affaires sociales jusqu'au 13 novembre 1973.
Il quitte ensuite la politique active pour mieux occuper des responsabilités au sein d'institutions publiques, de fondations et de grandes entreprises québécoises, telle la Banque Laurentienne. Il se rendra un court laps de temps jusqu'au Sénat du Canada, à la demande du premier ministre Brian Mulroney.
En donnant à chaque Québécoise et à chaque Québécois une « castonguette » et en rendant universel le régime d'assurance-maladie, les budgets de la santé explosent. Les responsables des finances publiques sont dans le rouge.
Si bien qu'en 2006, celui qu'on appelle le « père de l'assurance-maladie » en vient à proposer l'adoption d'un ticket modérateur afin de freiner la fréquence des visites chez le médecin et dans les hopitaux. M. Castonguay affirme même que le Québec n'a plus les moyens de s'offrir le système de soins de santé qu'il a contribué à mettre en place.
En février 2008, M. Castonguay publie un nouveau rapport qui recommande la collaboration du secteur public et du secteur privé.
La « castonguette » demeure le symbole d'une régime d'assurance-maladie envié un peu partout dans le monde. Elle n'est plus cependant la carte qui ne coûte rien.
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