Poursuite de 363 000 $ pour violence conjugale

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Richard Hénault
Le Soleil

(Québec) Une femme de 51 ans qui allègue avoir été battue et exploitée financièrement par son ex-conjoint durant leurs cinq années de vie commune intente à celui-ci une poursuite en dommages de 363 000 $.

Les faits allégués dans cette affaire se sont déroulés dans la région de Saint-Hyacinthe, mais la demanderesse et sa fille de 18 ans ont déménagé à Québec après la rupture du couple. C'est pourquoi elle a déposé sa requête au palais de justice de la capitale.

Dès le début de la vie commune des deux personnes, en 2002, Jean-Marc Tétreault serait devenu agressif avec sa conjointe et sa fille alors âgée d'environ 12 ans, les dénigrant et les invectivant sans cesse. Cette violence verbale se serait ensuite transformée en violence physique contre la femme, qui dit avoir été battue à plusieurs reprises jusqu'à ce que Tétreault tente de la tuer en l'étouffant, à une époque où elle se remettait d'un cancer du sein, affirme-t-elle.

Cette fois-là, l'adolescente aurait trou­vé sa mère gisant ensanglantée dans la salle de bains où, incapable de se relever, elle est restée allongée toute la nuit. Un médecin de l'urgence a ensuite mis la femme sous médication pour des blessures à un oeil et à une épaule. Le défendeur de 56 ans aurait ensuite promis d'entreprendre une thérapie pour contrer sa violence, ce qu'il n'aurait jamais fait.

La femme a finalement décidé d'alerter la police lorsqu'un soir de février 2007, Tétreault se serait apprêté à la frapper en menaçant : «Je vais t'en crisser une!» L'individu se trouve actuellement en attente de procès sous une accusation de voies de fait.

Sur le plan pécuniaire, la demanderesse allègue que, durant les cinq années de vie commune, son conjoint l'a fait travailler 60 heures par semaine sans la moindre rémunération. Elle était chargée de gérer son érablière, de faire les courses et la cuisine, ce qui aurait dû lui valoir une rémunération annuelle de 50 000 $, estime-t-elle. Durant ces années, la femme recevait des prestations de la Société de l'assurance automobile, ce qui lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille sans demander quoi que ce soit à son mari.

Depuis ces incidents, la mère et la fille doivent être traitées pour des problèmes d'ordre psychologique. Elles éprouvent entre autres de la culpabilité et ont des idées suicidaires.

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